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** B.O.B ***'s Blog

  • BOB BRENSON XMAS TOUR Décembre 2010

    Ca y est, c’est le grand jour ! En attendant le Ben et nos camarades de tournée, à savoir les Monsieur Brenson que nous accueillons histoire de se faire pardonner les mauvais traitements infligés lors du tournage du clip, je check mes affaires afin de survivre au grand froid qui nous attend. En effet, il est fin décembre, la France tremble et frémit sous la neige et nous nous embarquons pour une petite semaine bien tendue avec étapes à Marseille, Milan, Turin, Vevey (proche de Montreux), La Chaux de Fonds et Annecy.


    Doubles chaussettes : ok, chaussures de montagne : ok, caleçons molletonnés : ok et puis le kit de survie du zicos en tournée à savoir : coca, badoit, imodium et doliprane.

     

    Ca sonne au portail, je sors et petite surprise en voyant apparaitre au milieu des Brenson (Bala, Loulou et Yala) hilares, mon batteur de frère pour l’occasion frisé comme un mouton afro, un espèce de mix entre Pam Grier version Blaxploitation et un Charles Ingalls au réveil un jour d’entrées maritimes (s’étant couché également les cheveux mouillés).

     

    Remis de mon choc, j’apprécie de mon œil de connaisseur le sublime rangement optimisé de l’arrière du van. On peut faire un tonneau, rien ne devrait bouger. Allez, 16h, il est temps de partir vers notre première étape : l’Enthropy à Marseille où nous attend Ben d’Ed Mudshi, ancien compagnon de route et de beuverie (entre deux concerts).

     

    Pas trop de route ni de galère, on trouve le bar associatif plutôt rapidement grâce à mon cadeau anticipé de noël (un GPS pour ceux qui ont du mal à suivre). Malgré une rue en sens interdit sur les cinquante derniers mètres (ceux qui nous intéressent), nous obligeant à contourner le pâté de maison par une avenue bondée, nous arrivons à bon port et nous déchargeons une première fois notre matériel tout en serrant une mimine à Dave, tenancier des lieux, avec qui je converse virtuellement depuis près d’un an. Le lieu est un bar associatif à la Marseillaise, c'est-à-dire plutôt petit, accueillant avec une super déco (pas du genre M6) un tantinet révolutionnaire. On s’installe rapidement, grâce à une organisation et une logistique implacables répétées encore et encore à l’entrainement : nous faisons matériel commun, à savoir que Ben et Yala jouent sur la même batterie (cymbales exceptées) et Bala et moi sur le même ampli alors que Loulou se la joue perso mais bon c’est un guitariste aussi, rien d’étonnant…

     

    Petit check son rapide, on commence les premières tournées et on attend Mr Mudshi, qui doit ce soir-là nous restaurer et nous héberger. Fidèle à sa ponctualité phocéenne, il arrive presque à l’heure pour nous annoncer qu’il y a un malentendu et que ce soir pas de miam prévu pour nous (Dave pensait que Ben amenait la bouffe et inversement). No problemo, on trouve un petit snack et on se fait péter le ventre à coup de pain américain et de kebab de seconde fraicheur mais même pas peur on est des rockeurs !


    Petite visite rapide de la Yala’s sister qui passe nous inviter à dormir chez eux. Ceci rassure notre hypochondriaque et angoissé camarade batteur, l’idée de passer une dernière nuit dans des draps connus le rassure avant de se vautrer dans divers sleeping d’espaces autogérés (traduction : matelas aux taches douteuses dans squats relativement pas propres). D’un autre coté passer la nuit chez Ben Mudshi nous aurait obligé à faire, tout comme le matériel dans le van, du Tetris humain. Donc tout bénèf’, on profitera de l’invit’.

     

    En attendant l’heure du premier show, on discute entre nous, de choses distinguées et légères, de prostituées et de passes à 8€, de comment sonner l’angelus dans le fondement dilaté d’un vieux punk édenté suite à un gangbang (je suis sûr de pouvoir rentrer mes couilles !). Mais qu’est ce que la bière est forte ici ! Ou c’est moi ? Les tournées font un peu mal quand même.


    Au passage on rencontre la jeune Alice, qui vient de monter une association de booking et avec qui on s’échange des plans et contacts depuis peu. On apprend par son biais que ce soir il y a du gros concert punk pas très loin et qu’il faut donc pas s’attendre à une affluence record d’autant plus que le groupe local sensé ramené du monde chez nous a jeté l’éponge pour cause de rhume des fesses de l’un d’eux. C’est pas bien grave, c’est le premier set, le tour de chauffe. Nous on n’a pas répété depuis un bail alors de l’intimiste ça ne nous fera pas de mal. D’un autre coté on a toujours fait dans l’intime, les grosses salles très peu pour nous, ça fait vendu, on préfère se vautrer dans notre hypocrisie underground de loosers sur le déclin.

     

    Allez hey ho, let’s go, comme disaient nos ainés et ce sont les Brenson qui s’y collent. Set honorable, ça sent le rodage également, ça tourne, c’est carré (ou du moins parallélépipède), avec de l’effort et de la volonté. Le public apprécie et donne de la voix.

    Changement de config en moins de cinq minutes et on attaque tranquillou, on n’a pas pris de risque, on joue du standard. Prestation honorable mais pas franchement mémorable.

     

    On se prend une dernière paire de tournées, on bise Alice, Ben Mudshi et Dave et on rentre dans le GPS l’adresse de Sister. Petite route sans encombre, petit débriefing à coup de Jack Daniel’s (les Brenson sont des party freaks – à part un -) et on se cale Ben et moi sur le canapé, les deux siamois Bala/Yala dans la chambre d’amis et Loulou par terre, normal c’est le plus jeune. Il peut s’estimer heureux que nous l’ayons pas bizuté à la hardcore (mais comme le bizutage est interdit par la loi, on fait plus… Punk, oui mais respectueux du gouvernement).

     

    Une courte mais réparatrice nuit plus tard, nous émergeons tranquillement (j’immortalise au passage la touffe fraternelle au réveil – je parle des cheveux -) et nous profitons tour à tour de la salle de bain propre, ne sachant pas encore ce qui nous attend. Yala dépouille la garde-robe de son beau-frère (qui a bien du mérite) afin de se créer une couche de polaires supplémentaire. Nous regagnons le van gentiment et c’est parti pour Milano ! Pas loin de six heures de route, il faut décoller maintenant.

     

    En tant que jet setters nous nous octroyons un repas digne de ce nom dans un restaurant panoramique à Monaco, traduction : on mange un panini à la dinde sur la dernière aire d’autoroute et on a vue au loin sur le sérénissime rocher.

     

    On passe la frontière, on change de conducteur, Ben commençant à fatiguer et la route se poursuit clopin-clopant. On traverse juste une petite tempête de neige en passant au nord de Turin mais rien de bien méchant, les saleuses transalpines sont de sortie et opérationnelles. Ca glissouille un peu lors des changements de file, je sens quelques ondes de stress derrière mais nous retrouvons rapidement une asphalte adhérante.

     

    Ca y est, on arrive dans la grande ville, on a du bol, pas trop de bouchons. On retrouve facilement l’entrée du squat, la bien fameuse Villa Vegan Occupata, repaire d’activistes anarchistes ! On sort du camion et là choc thermique ! Putain qu’est-ce qu’il fait froid dans ce pays ! On rentre à l’intérieur et petite déception, il y fait presque tout aussi froid ! La soirée va être longue… Les retrouvailles avec Marta, la « maman » du squat sont sobres mais chaleureuses. Je reste un petit moment dans la cuisine, où il fait chaud, à discuter avec elle, testant si mes révisions en italien ont été profitables. Je m’en sors pas trop mal mais je dois avouer qu’elle parle bien le français, ça aide. Au milieu des nouvelles têtes nous reconnaissons nos deux anciennes camarades de fête endiablée (on va rester politiquement correct vu que nous sommes des garçons casés et respectables maintenant) les très jolies Francesca et Andrea. J’apprends qu’Alex sera en retard, il est occupé à mettre en place une manifestation pour les prochains jours et enchaine réunions sur réunions.


    Néanmoins l’accueil est toujours aussi sympa et nous avons droit comme à notre première visite deux ans auparavant à un buffet royal (mais végétalien). Au menu, couscous sans viande, salade de légumes avec, on va dire, du tofu et des focacce maison. Je suis estomaqué par la quantité de nourriture qu’arrive à avaler un semi-hobbit dreadlocké que j’observe en douce tout au long du repas. Il en rentre plus dans son estomac que dans le coffre de mon Audi 80 Turbo D 1.9 litres 1998 contrôle technique presque OK ! Pas sûr que ce soit rentable financièrement d’être vegan, déjà que pour la santé j’ai des doutes en bon viandard franchouillard que je suis.

    Pour un peu mettre de l’ambiance, on va visionner en groupe un documentaire d’une heure sur le traitement des immigrés en centres de rétention. Histoire d’enfoncer le clou, c’est en français et tiré d’un France 3 régional… On se fait petit, on boit un canon de rouge qui pique discrètement en espérant ne pas se faire prendre à partie car nous et la politique… Et vu qu’on fait du punk de droite (dixit notre ami Sid d’Hippycore), no comment !!!

     

    Entretemps, le matériel a été monté sur la petite scène de la cave où les groupes se produisent. Nous avons fait connaissance avec le groupe italien qui ouvrira pour nous : les ETB qui pratiquent un post hardcore assez technique. Petite révérence au guitariste qui se promène sur son manche sans non plus verser dans la démonstration technique masturbatoire propre à certains groupes français surestimés du moment, enfin on s’comprend. Puis je suis jaloux.

     

    Petit bémol à la fenêtre cassée qui va nous faire jouer ce soir par une température avoisinant les zéro degrés et aux murs repeints en noir alors que l’on avait laissé quelques belles phrases philosophiques lors de notre dernier passage. Les Brenson se remettent au taf, envoient le même set que la veille malgré le froid. Ces flemmards vont en fait jouer le même set tous les soirs de la tournée, on sent bien leur côté biterrois, la nonchalance des terrasses des Allées Paul Riquet, les ballades dans le centre-ville bourgeois (arf pour ceux qui connaissent)… Bonne prestation malgré tout, les p’tits gars prennent confiance, que du bon.

    Alex, l’organisateur, se pointe enfin, un peu fatigué mais toujours souriant. Embrassades, prise de nouvelles et premières tournées de bières (des pintes à 8° sinon rien).

     

    Nous on opte pour un set court et speed avec nos morceaux les plus rentre dedans (si si, on en a) afin de respecter l’ambiance du lieu. On se réchauffe tant bien que mal et comme nos p’tits gars on sent que ça va mieux par rapport à la veille. La vieille flamme hardcore se ravive !!!

     

    Pas d’aftershow ce soir, il est dimanche, certains bossent, d’autres sont fatigués donc on se finit rapidement au Jack dans le salon de la communauté. Et direct au dodo, la grande interrogation de Yala - qui vous vous en doutez va être ma tête de turc adorée de ce report – qui nous implore depuis le début de soirée de dormir collé à lui, persuadé que cette froide nuit sera sa dernière, et ceci malgré la razzia chez son beau-frère. Il faut reconnaitre que prendre un duvet confort 15° alors qu’on part à Milan en décembre, ça sent fort fort le noob !!! Et je vous passe sa superbe décomposition faciale lors de la vue des sublimes toilettes à la turque sans loquet de la villa ! Quel bonheur que d’assister à la naissance d’un aventurier des temps modernes qui s’ignorait.

    On nous cale dans un nouveau sleeping, celui du grenier étant en mode frigorifique, une dépendance de l’autre côté du jardin. Notre batteur des Corbières pousse un soupir de satisfaction en entrant dans ce local surchauffé. On se partage les matelas avec une paire de locataires et rideau.

     

    Je suis réveillé au petit matin par Bala et sa lampe de poche qui vérifient de concert si mes pupilles sont réactives. Quelques insultes plus tard je m’extirpe de mon sac à viande et je fais une petite toilette rapide dans la salle de bain la plus underground d’Europe en prenant soin de bien vider le seau comme stipulé dans le dialecte local.

    Petit caca nerveux de Loulou (pas trop du matin en fait) qui retourne tout le squat en râlant à la recherche d’un sweat à capuche qui se trouve en fait dans son sac. J’admire au passage le calme, la logique et la diplomatie de notre Mr muscles qui semble bien maitriser les relations humaines à l’intérieur de son trio.

     

    Juste une petite interrogation : que font ces poules, coqs et dindes dans la cour de la villa sachant que les vegans ne mangent ni leur chair succulente ni leurs ovules non fécondés ? Le mystère reste entier. Si vous avez une idée…

     

    P’tit dèj’ à la vegan, on se rabattra sur les restes de focacce plutôt que sur la soupe d’épinards gentiment (limite ironiquement) proposée. Le temps se suspend un court instant lors du passage d’Andrea, et de ses longues jambes, en petite tenue sous son peignoir. On se ressaisit, on range, on remercie (grazie mille, ciao, arrivederci) et on trace direction Turin notre prochaine étape. Il n’est pas trop tard et on compte arriver vite histoire de jouer un peu au touriste égaré.

     

    Bon premier bilan, troisième jour, pas de pertes à déplorer, pas de maladie intestinale, les hypochondriaques se soignent à base de menthe poivrée et de baume du tigre, l’entente est excellente, le van tient le choc (1000€ de réparation avant de partir quand même, on n’est pas des noobs nous… Hum, hum).

     

    Malgré la neige de la nuit, les routes sont dégagées et on trace vite pour sortir. On a de la chance vu qu’en sens inverse le bouchon doit avoisiner les 15 kilomètres à vue de Ben, myope mais pragmatique.

     

    On arrive donc tôt à Turin, dans un quartier un peu délabré et on trouve une place pile en face notre étape du soir : le mythique United Club. Il est dans les 14h et ça ouvre que vers 18h. On part un peu au hasard, je me rends compte que je ne maitrise absolument pas le mode piéton de mon GPS. On est enfin un peu dépaysé et on monte d’un pas gaillard une avenue au hasard. Nous avons de la chance et nous arrivons directement dans le centre-ville historique, Ben et moi succombons aux demandes incessantes des enfants qui veulent à tout prix trouver un Mc Do avec du Wifi gratuit, en bons geeks. On s’en dégotte un après une course d’orientation difficile due au placement apparemment aléatoire des panneaux d’indication. Je commande pour Ben et moi en italien dans le texte s’il vous plait et je laisse les biterrois se débrouiller, il faut bien qu’ils apprennent la survie en milieu hostile. Quoique là on commence soft quand même.


    On se pose un moment dans un coin lounge et on décolle rapidement une fois que Bala aura entrepris, lui, de décoller le papier peint des WC du lieu en accouchant d’un prématuré. Yala sceptique devant le fumet émanant du lieu désormais maudit, décide d’attendre le soir avant de perdre les eaux et de mettre bas ses jumeaux.

     

    C’est parti pour une visite touristique dans un centre très agréable où nous gambadons fièrement, où certains d’entre nous nouent même le contact avec des autochtones (Ben et Yala refusant de payer un journal pour sdf proposé par une baba cool bilingue. Ils s’en sont rendus compte quand elle a réagi à leurs vannes… Un poil tard quoi….).

     

    A la nuit tombée nous redescendons vers le club et nous traversons ce qui ressemble à une dévastation par une tornade genre la grosse à la fin de Twister, sûrs et certains qu’une bataille furieuse contre les éléments a été perdue ce jour-là alors que nous loungions tranquillement à l’étage du restaurant américain. Il s’avère qu’il ne s’agissait en fait que des restes du marché du jour, mais cette vision apocalyptique est renforcée par le combat inégal que livre à ce moment-là un unique balayeur contre la montagne de déchets. Turin est une jolie ville mais pas partout et pas trop le soir après le marché donc !

     

    Nous traversons ces monticules épars d’un pas leste et rejoignons enfin la salle, ouverte.

     

    Accueillis ultra chaleureusement par Gian Marco, nous visitons cet immense lieu, ancienne usine réorganisée en deux salles, une grande à l’étage pour les gros concerts, une au rez de chaussée pour les petits joueurs comme nous et en seize locaux de répétition au prix monstrueux de 150€ par mois. Le musicos turinois doit être pété de thunes.

    On attaque la première bière tout en regardant les nombreuses affiches des concerts passés puis nous partons décharger et installer le matos. On est légèrement repiqué par une sono ce soir-là, il faut bien rentabiliser le salaire de Paolo, ingé son au bonnet péruvien.

     

    Le check fini, on erre un peu en attendant le repas. Sur ce arrive Dano, de Devil’s Booking qui a eu la gentillesse d’organiser un concert un lundi soir, fait rarissime à ce qu’il paraît.  Bon contact, le gars est hyper chaleureux, la discussion est un peu plus fournie que les soirs précédents.

    La table est montée dans la salle de concert et on mange tous ensemble avec les gars et filles du lieu. Hyper convivial.


    On attaque par une soupe au pois chiche et au haricot blanc, ce qui laisse envisager des dégâts collatéraux pour le lendemain suivi d’une expérimentation (d’après la cuisinière) assez réussie à base de hachis et de petits pois. De la viande ! Carnivore rules !!! Un invité, commercial en vin commence à déboucher quelques bouteilles et nous sert copieusement. On est poli, on accepte sans rechigner même si certains piquent un peu à notre gout français. Petit café bien bien serré pour faire passer et Gian Marco arrive avec sa bouteille perso d’amaro et nous sert une rasade de digestif sucré au départ puis amer. Ce soir on joue bourré mec ! Connaissant le gout des autochtones pour le low tempo, ce qui nous arrange vues les conditions éthyliques, nous optons pour un set doom à savoir lent et lourd (comme notre digestion quoi !).

     

    Ce soir on change l’ordre de passage et on attaque devant un public clairsemé. Fabio des Loimann, un groupe qui vient en tournée en février a quand même fait le déplacement pour nous rencontrer. Pas grave pour le monde vu le carnage musical qu’on propose ce soir. Je suis complètement décalé, je me regarde jouer et donc subis totalement le morceau. Ca se ressent, pains sur pains, Ben déroule comme d’hab’ puis se laisse entrainer par mon coup de fatigue. On abrège rapidement, on remercie, on salut et place aux jeunes. On oublie.

     

    Les Brenson, eux, montent en puissance. Ils attaquent devant une salle presque vide mais qui se remplit au fur et à mesure de leur set endiablé, les gens du fond viennent se mettre devant, ça applaudit, c’est cool. Sans aucune moquerie de ma part pour une fois, ce soir ils méritent grave, très bon set.

     

    Allez, on vend quelques disques tout de même, on plie les gaules et on se rentre chez Dano avec qui je monte en voiture pour prendre un cours de conduite à la turinoise (en gros klaxon enfoncé de longue).

     

    On se gare en plein centre juste devant la porte d’un immeuble rétro, on se charge de notre package nocturne réglementaire et, courageux, refusons l’ascenseur préférant prendre les escaliers. On arrive épuisés dans un appartement hallucinant où vit toute la famille de Dano. Largement plus de cent mètres carrés, des terrasses, un plafond à trois mètres, du haut standing quoi. Léger contraste avec la veille. Les lits sont prêts et on se glisse doucement dans nos sacs. Dano se lève tôt pour un entretien d’embauche et la soirée de la veille, la ballade d’après-midi et le repas du soir ne nous incitent pas à jouer les prolongations. Loulou a quand même le temps de faire ami-ami avec un lapin ébouriffé avec qui il va partager son oreiller.

     

    On est réveillé plutôt tôt par le doux concert d’avertisseurs sonores turinois. Curieux, je rampe jusqu’à la fenêtre la plus proche et me rend compte que ces fous furieux klaxonnent même lorsque la circulation est fluide, que du bonheur la vie en ville !

     

    Dano nous envoie un petit déjeuner rapidement et nous abandonne une petite heure. Heure que nous consacrerons à nos ablutions. Une prise de courant, du Wifi et voilà que nos nerds se connectent et se coupent du monde réel. Ca poste du post, ça reporte les reports, il y a du boulot à rattraper… Depuis la veille…. Pendant ce temps j’assiste de la fenêtre à une scène digne de la Commedia dell’arte : la barrière du parking, en face l’appart, ne monte plus, créant un gigantesque bouchon à la fois à l’entrée du parking mais aussi dans la rue attenante. Les gens klaxonnent (normal), s’excitent, crient, doivent probablement s’insulter et ceci sans aucune réaction ou prise d’initiative du gardien, genre sortir de sa guérite et venir constater le problème, voire même le résoudre. Je remarque également que dans tout ce beau fatras, aucun conducteur ne sort non plus de sa voiture pour se diriger vers cette même guérite. Tout ça vire au beau bordel quand soudain : un éclair de génie, une prise de conscience, je ne sais pas, un acte désespéré de la part du gardien qui sort enfin, le portable vissé sur l’oreille et se dirige d’un pas résolu et volontaire vers ??? Les toilettes, où il s’enferme à double tour. Il en émergera dix bonnes minutes plus tard en gesticulant et en engueulant les pauvres citadins pris au piège. C’est beau l’Italie (soupir)…


    Départ de Turin, on embarque Dano dans le van et direction à nouveau l'United Club histoire de se faire une nouvelle partie de Tetris Hyundai. Derniers adieux déchirants à Gian Marco et à notre fabuleux hôte turinois et nous revoilà sur l'asphalte italien direction la patrie des horloges, du chocolat et du blanchiment d'argent ! Après quelques comparaisons mappy/google map/GPS nous optons pour la solution la plus courte mais également la plus dangereuse mais rien ne nous effraie plus ! Direction la montagne et le tunnel du Gran San Bernardo. A partir de là pas de suspens, on monte, on monte et on voie de plus en plus de matière froide blanche sur le bord de la route. Juste avant de passer la frontière petite pose pipi/café sur la dernière aire où Bala se fend d'une commande en italien à couper le souffle. J'étais présent à ce moment-là et j'ai du mal à cacher mon admiration...

    On prend ce fameux long tunnel, bien entendu on n'échappe pas à la légendaire sagacité du garde-frontière helvétique et on reste bloqué sur le bord de la route en attendant que ce gai-luron à l'humour pince sans rire daigne nous rendre nos cartes d'identité. A partir de là on redescend et ça déroule tranx jusqu'à Vevey, petite bourgade proche de Montreux et du Lac Léman. Mr GPS ne nous lâche pas et on se retrouve devant le fameux Local, à priori "maison d'artistes" mais d'après Loulou, plutôt squat de punks à chiens à l'accent lancinant. Rencontre avec le tenancier du lieu, le bien dénommé Bob, qui nous accueille royalement par quelques canettes premiers prix. Après une petite visite des lieux et des extraordinaires (...) œuvres d'art de Juan, mélange de récup et de ferraille de récup mais aussi avec des câbles de récup et même des fois du plastique de récup, le tout assemblé dans un style très personnel qui nous laisse penser que cet artiste n'est pas forcément récupérable lui... Par la suite rencontre plus intéressante avec Fanny la jolie barmaid, légèrement à fond, qui nous refourgue un vin de pays d'oc qui nous fait un peu grincer des dents et contracter les maxillaires.

    On entreprend une fois de plus le montage du matos, notre local de l'étape, l'héroïque Bab Diglers a bien entendu, oublié quelques câbles et adaptateurs spécifiques à ce beau pays, mais son sens inné de la débrouille nous permet tout de même d'assurer notre set qui commence à se roder (il serait temps).

    Miam miam time et nous montons à la cuisine nous délecter d'un poulet cuisiné par Cissili, un suisse étrangement bronzé malgré ce climat peu ensoleillé. Mais trêve de remarques racistes, ce plat était foutrement bon, la recette comportait dixit : de la moutarde, des olives, des oignons et des trucs (nous n'en saurons pas plus).                                                                                                                 

    Allez it's showtime comme dirait Michael Youn et les Brenson attaquent à nouveau leur set pachydermique avec un son énorme. Le public réagit direct et les morceaux déroulent comme des pets après un plat trop épicé : rapides, nerveux, imprévisibles et sentant les entrailles du rock ! Personnellement c'est pour moi leur meilleur set de la tournée, l'ambiance festive y est sans doute pour beaucoup également.

    A nous d'envoyer, Ben nous a prévu une liste plutôt hardcore et on s'acharne à enchainer les morceaux au plus vite. Je suis aidé dans ma tâche de vocaliste par Pierrot, un des gars de l'asso locale qui, souvent, s'empare du micro et improvise des lyrics aléatoires et approximatifs. Mais finalement ça ne dénature pas trop le sens profond de mes textes engagés. Deux rappels plus tard on range les gaules et on s'entreprend à l'after show soutenus par MC Bab qui a pris les platines en mains. Ca sent la déchéance physique et on ne se trompe pas, le premier et seul à littéralement sombrer sous les coups de butoir de la Lager suisse n'est autre que le bateleur brensonnien... S'en suit une descente aux enfers à la limite de la dignité (cf. photos à la demande). Obligés de dormir sur le lieu même du concert et donc d'attendre le départ des nombreuses torchures locales, Ben et Loulou capitulent et optent pour la solution désespérée du repos dans le van. Avec Bala nous tenons bons, décidés à faire un rempart de nos corps meurtris à notre précieux matériel ainsi que de protéger notre Yala des pires outrages nocturnes. On gonfle les matelas sur la scène, on bouge le cadavre des corbières et on met la viande dans le sac. Bala dans sa grande générosité abrite un oisillon genevois égaré sous son sac de couchage. Avant de s'endormir, ils se lancent dans une longue, longue, très longue discussion socialophilosophique sur la condition humaine, ponctuée de fulgurantes réparties ("moi je crains la nature - ouais", "nous sommes des bâtards, à moitié prédateurs à moitié proies"," il faut faire des enfants et les laisser se débrouiller seuls pour pas les pervertir, tu vois ce que je veux dire ? Ouais, clair"), j'en passe des meilleures mais à ce moment-là de la nuit mon côté prédateur commençait à sérieusement à envisager la trajectoire parabolique d'un pied de cymbale sur la bouche de BHL genevois. On arrive finalement à s'endormir en plusieurs épisodes, Yala me ronflait délicatement dans le creux de l'oreille.

    Réveil à dix heures plus frais que je le pensais, on commence à prendre le rythme ! P'tit dèj à la cuisine avec l'argentin flippé et un éthiopien débonnaire. On a droit à du croissant et ça c'est bon ! Alors que Loulou et Yala partent à l'aventure et à la recherche de tabac et d'adaptateurs universels nous nous coltinons le rangement à trois. En recherchant Bob je tombe sur une paire de torchures affalées dans les coursives de la maison des artistes qui me racontent la fin de soirée avec le pétage de plomb d'un gars qui a entrainé la descente de trois voitures de police (que nous n'avons pas entendu du tout) ainsi que le début d'incendie dans la cuisine. Bien entendu je ne révellerai ces derniers points que plus tard dans la journée à mes compagnons de route. On se remémore les crises d'angoisse de Yannick qui plusieurs fois dans la nuit cherchait son gros copain (Sylvain ? Mmmm... T'es là ? Mmmmmgrrrrr), on se fout de sa gueule encore on peut et après un petit tour touristique dans Vevey aux abords du lac nous prenons la direction de la Chaux de Fonds, fatigués, sales et barbouillés pour de nouvelles aventures bruyantes.

    Après ces premières folles aventures helvétiques, nous quittons ce haut lieu de débauche artistique pour aller manger dans un ? Dans un ? Dans un Mc Do bien entendu ! Mais trop de monde, impossible de sortir les notebook, la frustration plane dans l’air, la révolte gronde autant que les estomacs, pour un coup dur c’est un coup dur. Yala est à deux doigts de poser sa pêche dans l’ascenseur ayant malheureusement confondu sa droite avec sa gauche. Mais il a bien réagi en constatant qu’il était bizarre que les parois des gogues soient vitrées. On a frisé l’incident diplomatique et la mise en quarantaine de tout l’édifice.

    On se balade un poil sur les berges du Lac Léman, mais le temps n’est pas au beau fixe, on décide donc de se rendre jusqu’à la Chaux de Fonds, deuxième et dernière halte en Suisse.

     

    On arrive après un peu de route qui tourne, la neige est sur les bas-côtés donc pas de souci de conduite. On trouve l’Entre Deux, un bar/resto/bouquinerie/disquaire et on fait connaissance avec un des deux patrons, Alex qui nous accueille chaleureusement. L’ambiance nous rappelle à Ben et à moi, un autre lieu autrefois traversé, le Celtic Pub à Tarbes. En effet, l’impression est la même, un peu comme si on rentrait chez soi ou chez des amis proches. Un lieu où l’on est immédiatement à l’aise. L’Entre Deux devait être un ancien appartement, on rentre dans un couloir, le salon bouquinerie/disquaire est sur la gauche et le bar dans l’ancienne cuisine. Les menus sont écrits directement sur les carreaux et les meubles dépareillés confèrent un charme un poil désuet. Tiens voilà que je fais dans le sentimentalo-nostalgique ! Faut dire que l’on s’est senti tellement bien là-bas…

     

    On boit un coup, on part faire un petit tour en centre-ville (pas énorme mais on arrive quand même à perdre les Brenson) et on rentre au chaud. Il faut reconnaitre que ça caille un peu fort ce soir.

    Arrivés nous rencontrons le deuxième patron, Nico qui avec son pull rayé et son chapeau affiche un faux air de ressemblance avec Freddy Krueger, qui nous met sa tournée, première d’une longue série, et nous emmène un petit apéro à base de calamars à la sauce tomate. Yala s’est précipité sur les vinyls et en sort les larmes aux yeux avec selon lui une pépite d’or. On écoute, pas très convaincus, mais il faut avouer que ma culture musicale perso ne va pas plus loin que « the number of the beast » d’Iron Maiden. A part ça j’aime pas grand-chose.

     

    Nico nous sert des délicieuses lasagnes au pesto qui sont englouties manu militari par les affamés que nous sommes. On pousse les tables de la cuisine, on s’installe, on ferme les volets et ce soir on attaque tôt, afin d’éviter tout problème de voisinage. Les Brenson reprennent leur première place et envoient un set (toujours le même) mais un chouia plus soft comme bercés par l’ambiance nonchalante du lieu. Lieu très petit donc beaucoup de gens regardent le concert depuis l’embrasure de la porte du couloir. Un italien survolté danse et se promène de temps à autre avec un chapeau afin que les spectateurs y versent leur obole. On avait un peu peur du volume sonore mais non ça passe, Alex et Nico ne sont vraiment pas chiants du tout ! Bon retour, encore un, pour le trio postapocalyptikrock. Les suisses ont aimé !

    A notre tour. Par flemme plus que par fatigue je ne branche pas de micro, ce soir on décide de la jouer instrumental, ça nous permettra de faire des morceaux que l’on inclut rarement dans la set list.

    On attaque, détendus, on plaisante facilement avec le public, le contact est simple et chaleureux, mais je me répète. Nouveaux passages de l’italien virevoltant avec son chapeau, on nous demande un rappel, puis un deuxième, alors on enchaine, le sourire aux lèvres.


    Le concert se termine, on rouvre les volets, on remet les tables en place et on reprend les tournées de bières, Nico ne nous laissant jamais sans rien à boire !

    En allant commander une nouvelle tournée au bar, Alex me remet le contenu du chapeau, ce qui représente une somme plutôt conséquente vu le nombre de personnes présentes ce soir. Y a-t-il eu du turn over ? Les gens sont-ils extrêmement généreux ici ?  En tout cas, ce cachet nous a en partie sauvé la tournée ! Un grand merci !


    Pour ce soir, on splitte ! Enfin dirons certains mais il s’agit des plus mesquins de la bande. Nous devons nous séparer en trois + deux pour pallier au manque de couchage. Sachant que les trois vont dormir chez deux superbes jeunes femmes, les Brenson nous sortent maintes et maintes théories pas spécialement convaincantes. Au final le choix se fait quand on apprend que les deux restants vont dormir chez Nico en faisant étape au centre africain pour boire du rhum. Peut-être plus en forme que nos jeunes puceaux, nous décidons de suivre à pieds le grand Nico et son chapeau dans les rues enneigées. Sur le chemin Ben jette l’éponge et nous décidons finalement (à regret pour moi) de sauter l’étape africaine pour rentrer à l’appartement de notre hôte. Comme quoi, à puceau, puceau et demi…


    Nous arrivons dans un grand appartement meublé très 70’s avec plein de vieux jeux vidéo dont un m’a fait perler une larmette de souvenir… Le fabuleux Galaxy II !!!


    On se boit quelques bières en écoutant Nico nous narrer l’époque d’or des squats suisses et des espaces autogérés en voie de disparition aujourd’hui. Le tout sur des vieux albums de Patti Smith et de Lou Reed qui confèrent à l’ambiance une aura nostalgique.


    Nico est un hôte plus qu’attentionné, il nous chouchoute comme ses enfants, Ben a même eu droit à son petit plaid suite à un frisson… Interdiction de dormir dans nos sacs de couchage il a tout prévu pour nous, et ça fait du bien de dormir dans du propre !!! Après une dernière discussion sur Costes et ses shows scatophiles, nous nous endormons gentiment comme des bambins gâtés…


    Petit dèj’ au fromage affiné histoire de faire local et on repart retrouver nos compadres à l’Entre Deux afin de remettre le stuff dans le B&B-Van (Bob Brenson, mais ça marche aussi avec Bite&Burnes, Bières&Bières, Bordel&Branlettes…).


    On se fait plaisir en mangeant une dernière fois sur place avec un pot au feu concocté par Alex (il était pas un peu gay quand même lui ?) précédé par une petite soupe. Ca fait carrément du bien par où ça passe et ça nous change de nos Mc Gronald habituels réclamés par Loulou et Bala « on veut du wifi » Brenson.


    Adieux déchirants pendant que Yala pose sa pêche et on repart direction Annecy tranquillou. Pas trop de bornes, circulation ok, on s’arrête à la frontière pour changer nos francs suisses en euros, Bala a droit à une papillote, pas moi, no comment, je boude.


    On rentre dans la ville, on tourne un peu dans le quartier, on passe plusieurs devant le Bistro des Tilleuls sans trouver de places, ça commence à puer un peu du fion. Il pleut, le quartier est dépressif loin de tout, le moral est pas au top. On se parque (à la suisse) à côté d’un chantier et on a le temps de partir à la découverte de la vieille ville qui est vraiment sublime. Petit tour au marché de noël, on fait un tour près du lac, surveillés par une meute de corbeaux. On s’arrête dans un bar à djeun’s et on se la joue total hardcore avec 2 cafés longs, un expresso, un thé et un chocolat. Ouais mec, Bittewa Powa, on wigole pas ! On attend encore une fois Yala qui pose sa deuxième pêche quotidienne. Je suis assez content de lui car il a bien retenu nos moult conseils (quand c’est propre, vas-y n’attend pas).


    On trace vers le troquet, on a du cul c’est enfin ouvert. Dès qu’on rentre on est accueilli par Loaf de la Underground Family. Comment retranscrire notre impression à ce moment-là ? On était sacrément rassuré en tout cas, le gars est phénoménal dans le genre métalleux quarantenaire avec une gouaille de première catégorie, je crois que plus sympa au premier abord c’est difficilement atteignable. On rajoute une couche de culture musicale énorme et qui me sied parfaitement (il aime Sabot et Victims Family et pas Marvin). On est présenté au reste de l’équipe, composée de sacrés briscards et on sent l’habitude de l’orga, ne serait-ce que par les barrières qui réservent la meilleure place de stationnement pour le groupe.


    Accueil sympa de Georges le patron du troquet et première tournée de bières. A ce moment-là Loaf nous annonce la couleur : ce soir on mange de la fondue savoyarde ! Regards gourmands échangés entre Loulou et moi (on en parlait deux jours avant) pendant que Ben décède un petit peu (allergie au fromage). Que cela ne tienne, Loaf lui file son portefeuille en lui ordonnant d’aller se faire plaisir à la grande surface du coin. Sympa et plutôt risqué non ?


    C’est parti, on monte le matos une dernière fois pour ce tour et on part backstage se défoncer le ventre à coup de Beaufort premier choix et de vin rouge « cuvée de l’anarchiste ». Orgie de bouffe, de rigolade, on est rejoint par d’autres gars de l’asso, tous plus sympas les uns que les autres. La digestion s’annonce difficile. On parle rugby, de l’exode des joueurs biterrois vers Montpellier (détail qui a son importance plus tard), de tournées, des festochs, etc…


    Allez il se fait tard les Brenson partent au feu avec un gout d’ail dans la bouche et l’œil aussi vif que celui d’un maquereau sur l’étal d’un pêcheur sétois un midi le quinze aout. Ils envoient un set honorable (toujours le même ordre dans la set list les gars… Merde, un peu de fantaisie), le public commence à rentrer, ça participe, ça applaudit, ça encourage, que du bon. Bala se défonce l’index et frise l’hémorragie, heureusement que Loulou a son tube de super glu ! On le sauve in extrémis, ouf ! Quoiqu’on aurait eu plus de place dans le van mais on se serait fait défoncer par Nadège au retour…


    Allez, à nous, on attaque, pas trop de pains, bon délire, ça marche aussi bien pour nous. Défraiement au chapeau, et encore une fois une extrême générosité de ces gens ! Yala disait plus haut que certains feraient bien d’en prendre de la graine, mais à ce point ça va être difficile. Ce public, ce soir-là aime ce qu’on fait et nous gratifie d’un super cachet. Enorme big up  à ces beaux gens !


    Sur une idée à la con, à la fin de notre set (après un petit rappel), j’annonce à suivre les Mr Brenson ! Là-dessus, le patron (raide torché) se saisit d’un micro et les vanne grave, comme quoi ce sont des petites natures, des lâcheurs tout comme les rugbymen cités plus haut ! Il fait sauver l’honneur les gars, et c’est reparti pour un set encore plus chaud ! Ca pogote, ça fait les cons, c’est le dernier soir on profite merde !!! Une éclate totale, ces gars sont devenus des stars ! Fini le smack à 8€ de la pute du coin (private joke, on vous racontera), les Brenson peuvent maintenant prétendre à l’escort girl et au smack à 23€ ! Un bond social, in your face ! Plus haut, il y a que le soleil !!! Et c’est nos copains !


    On finit la soirée au bar, sûrs et certains d’avoir été au bon endroit ce soir-là. Et on part avec Seb  le sonorisateur pour un trip d’une demie heure direction la montagne vers le sleeping. Ça tourne, ça s’arrête jamais, on est crevé et demain on se lève tôt pour rentrer à la casa. Une paire de bières, de kinder maxi et dodo. Yala me ronfle voluptueusement dans l’oreille (bizarre, il a sauté sa troisième pêche du jour, ses intestins doivent être colmatés par le fromage) et on tombe dans le coma.


    Réveil à 10h et là, argh comme dit le phoque sur la banquise avant de s’en prendre une bonne sur l’occiput, il a neigé toute la nuit… On commence à flipper, on court en rond dans l’appart, la goutte au nez et au zgueg, il y a des évanouissements, des vomissements, c’est pas beau à voir.

    On quitte notre hôte sur ses bons conseils de conduite. On pousse le van pour le sortir, Bala est à deux doigts de partir en ventral, dernière photo et on embarque. Premier virage ça passe, cool, deuxième, aussi, double cool, par contre troisième, petite glissade et on se fait un petit 90° dans la rue. Pas de bobos il n’y a personne dans le bled (pas cons les gars, eux ils sortent pas). On serre les fesses et on continue bon, Ben « le colonel » assure au volant, on roule à 10km/h mais ça passe. On arrive sur l’autoroute, rassurés, l’ambiance se détend malgré la légère odeur de merde qui flotte dans l’habitacle. On peut à nouveau tracer.


    Sur un malentendu GPS/humain, on sort de l’autoroute à Chambéry pour gagner du temps et on se retrouve à nouveau sur une route de plus en plus enneigée… Lors de la descente d’un col pas si haut que ça, nouvelle plaque de neige, nouvelle glissade et là on part en sucette grave ! 180°, deux roues dans le ruisseau, le matos se casse un peu la gueule, rafale de pétous venant de l’arrière (personne ne s’est jamais dénoncé) mais bon toujours pas de bobo. On se gare, on se calme, un gars nous double et percute la voiture de devant… Ambiance pesante. Mais bon faut rouler… Et là, malgré le stress, extraordinaire leçon de conduite du colonel, qui ponctuant chaque virage de divers « putain, putain, putain », « on va se refoutre dedans », « putain, putain, putain », « là, on glisse », « putain, putain, putain », « merde, on part dans le fossé », « putain, putain, putain », « c’était moins deux » finit par nous ramener sur la route ferme au nez et à la barbe de quelques locaux qui étaient bien partis pour plus galérer que nous (spécial big up dans la catégorie « ça sert à rien mais j’y crois » au monsieur qui laisse sa femme conduire alors que lui s’accroche à la portière à l’extérieur pour freiner avec ses pieds. Belle leçon de barefoot mais pour l’efficacité de la manœuvre je dois encore me renseigner).


    Ca y est autoroute, pose sandwich triangle, plein du van et on arrive à bon port assez tôt pour ne pas pouvoir éviter les repas familiaux !


    Au final, une bonne tournée en comparaison de celles qu’on a déjà fait. On aurait aimé galérer un peu plus histoire de faire un peu la bite aux Brenson mais bon, ça l’a fait !!!


    Enorme merci à tous ceux qui nous ont accueillis, à ceux qui nous ont trouvés les dates, à ceux qui se sont déplacés malgré le froid pour venir voir jouer deux groupes inconnus, à mes compagnons de route ! Vous êtes tous beaux !

     

    Gromuff


    On m’a légèrement obligé à pondre ce dernier report, tout ça malgré la fatigue accumulée suivie par les repas familiaux surcaloriques mais rienafoutr’ je m’y colle avec plaisir en espérant boucler en beauté ce XMas Tour chargé de bons souvenirs, de franches rigolades, d’accueils chaleureux, de bornes interminables et de prestations mémorables (ou déplorables ça dépend du point de vue).

     

  • Remerciements Clip n°2

    Ça y est, le deuxième clip est en ligne suite à un travail de montage acharné de la part de notre cher réalisateur Oreil (en fait sa Xbox a planté, alors il a laissé tomber les plaines du Far West et la chasse au lièvre pour s'y mettre).

    Cette nouvelle œuvre n'aurait pas pu voir le jour sans tous ces participants bénévoles qui ont payé très cher pour certain de leur personne et qui restent désormais meurtris dans leur chair et leur âme... Nous nous excusons de les avoir souillés de la sorte...

    Il faut savoir qu'en ce qui concerne le bétail, les conditions du tournage leur ont été seulement dévoilées le jour même, une fois qu'ils étaient perdus dans les Corbières, devant le fait accompli, devant l'enclos finalement pas si boueux que ça (il faisait trop chaud). Mille pardons pour les blessures sur vos jolis petits genoux potelés...

    Alors par ordre non aléatoire nous souhaitons vivement remercier :

    - Oreil : réalisateur, cadreur, directeur photo, monteur, bricoleur de génie et j'en passe
    - Nico : assistant dévoué, régisseur impitoyable et photographe
    - Chris, notre monsieur hémoglobine à nous : effets spéciaux, maquillage et doublure main

    Les fermières cannibales qui ont souffert de crampes en faisant semblant d'être assises pendant le repas final et qui ont ingurgité une infâme tambouille à base de fraises tagada, cornflakes, miel, chocolat en poudre et jambon de pays (je ne compte pas les bouts de latex), par ordre alphabétique :

    - Adeline (aka "le fouet")
    - Amanda (aka "cowgirl")
    - Marie (aka "la patronne")
    - Marion (aka "the sniper")
    - Nadège (aka "brise chevilles")

    Notre très cher bétail, de belles bêtes en plus, saines, bonne dentition, bons reproducteurs (nous en avons une paire en vente sur Ebay, pas cher ! Pas cher !). Qui eux, se sont régalés d'une bouillie cornflakes/petits beurres/lait. Certains faisaient partie d'un groupe prometteur avant de se griller à vie dans cette pellicule. Une carrière sacrifiée pour servir nos sombres fantasmes déviants, c'est beau... Vous êtes beaux !!! Donc on ne nommera pas les Monsieur Brenson :

    - Bala
    - Loulou
    - Yala (c'est marrant quand on prend les initiales ça fait BLY)

    Également, digne représentant du métal dans ce lieu perdu, programmateur au Nashville Pub que nous avons trompé en lui présentant un storyboard copié sur le Cosby Show. Notre monsieur marteau dans le front et tripes à l'air, le bien nommé :

    - Sky

    Notre infirmier psychiatrique, élève de la mythique école de l'Actor's Studio Héraultaise. On te rendra ton bras, c'est promis, faut juste qu'on range un peu, il a dû glisser quelque part mais je suis sûr qu'il est pas loin. Par contre l'œil c'est trop petit, va falloir en acheter un autre. Una acclamation por favor :

    - Patovitch

    Le maitre des lieux, qui nous a permis de légèrement modifier l'architecture et la décoration intérieure de son appartement. L'homme derrière la masque de cochon et la toque de cuisinier. Notre noble Machete à nous :

    - Arno "le Duc"

    Ce fut un weekend excellent, plein de sang, de bières et de grillades. Nous n'avons pas assez dormi, avons explosé notre glycémie et meurtri nos chairs (même moi, la corde qui me servait de sangle m'a entamé l'épaule alors venez pas pleurer pour une écorchure) mais également profité de l'anatomie de certains et énormément utilisé nos muscles zygomatiques (un making of à venir ???).

    Je m'excuse encore une fois et accepte la responsabilité de toute cette histoire tirée d'un rêve (j'en parle encore avec mon psy). Je remercie mon batteur de frère qui depuis veut passer son permis biplan et même si vous nous haïssez à cause de ces traitements inhumains infligés sachez que nous, ON VOUS AIME !!!!!

    O.

  • Transpyrénéen december tour #2

    Current mood:groggy

    ........
    Nous faisons confiance à Miss GPS et nous empruntons essentiellement des départementales afin de rejoindre notre destination française. Un peu épuisés par la nuit épique que nous venons de passer, nous choisissons une musique un peu plus légère que d’habitude, DJ B-Ping nous balance un best of Queen, les Gossips, Beastie Boys et Fun Lovin’ Criminals.

    Peu à peu la route s’élève, les oreilles se bouchent et on commence à entrapercevoir des sommets enneigés. Le soleil est au rendez-vous, la route est peu fréquentée, il nous reste des Coca bouteilles en verre (les meilleures) et quelques sucreries pour tenir jusqu’au repas.

    Après quelques kilomètres nous passons au dessus d’une langue de brume qui semble avaler toute la vallée, pas de soucis pour nous on est largement plus haut. Sauf que la perturbation climatique roule plus vite que nous et nous double pas très loin du col que nous devons emprunter pour redescendre vers Tarbes.
    La neige sur le bas coté se fait de plus en plus présente et on commence à monter le chauffage dans l’habitacle. Arrive ce qu’il devait arriver pour couronner une nuit difficile, nous voilà bel et bien bloqués juste à l’entrée du tunnel par une tempête de neige. Le passage est annoncé fermé pour dix minutes suite à un message qu’on ne comprend pas, une histoire de bolas. Ce laps de temps écoulé rebelote, dix de plus, et ensuite dix encore. Secoués par les bourrasques nous voyons passer à notre droite des chasse-neiges qui s’affairent. Pas très rassurant tout ça.
    Et puis ça y est ! La délivrance ! Une voie sur les trois ouvre et nous nous engouffrons immédiatement dans les six kilomètres qui vont nous ramener à la maison !

    La suite de la route se fait sans encombre et nous trouvons le Celtic sur les coups de treize heures trente. Une place pratiquement devant et la chance semble nous sourire à nouveau. Sauf qu’il fait un temps de chiottes et qu’on a facile cinq heures à tuer en attendant l’ouverture.
    Dirigés par notre estomac nous nous promenons dans ce qu’il semble être les rues piétonnes du centre ville et nous prenons place dans un petit salon de thé où nous commandons des légumes !!! Enfin Ben, moi je reste fidèle à mon régime et lorgne sur un croque monsieur maison mais avec salade (je précise).
    Le repas terminé, nous faisons une nouvelle tentative de promenade mais nous abandonnons vaincus par le froid et la pluie. Retour au van, où Ben finit sa nuit pendant que je m’attaque au championnat espagnol sur Fifa 09.

    Le bar ouvre enfin, nous rentrons nous mettre au chaud et nous découvrons un lieu qui semble être l’exacte définition de « chaleureux ». Le patron Jean Louis est d’une rare gentillesse, les murs sont couverts d’affiches des concerts passés, le mobilier fait saloon/brocante. On se croirait chez un ami.

    Pour ne pas casser le rythme, nous n’attendons pas et montons notre matos directement, tant qu’on ne s’est pas encore posé. Plus facile…

    On se choisit un bon fauteuil, on attaque une première tournée tout en attendant les Master & Servant d’ATRDR de Pau. Ça nous fait réellement plaisir de revoir Damien, Enzo et Alex même si notre dernière rencontre ne date que d’aout à la Féria de Béziers.

    Ils arrivent un chouïa à la bourre vers dix neuf heures trente (le concert doit commencer à huit pour finir à dix). Comme ils jouent plus fort, J-L préfère qu’ils commencent et nous on finira en douceur. Petit changement de batterie (t’inquiète pas Alex tu n’es pas lourd, on ne t’en veut pas) et c’est parti.

    J’avais déjà écouté leur démo et je dois avouer que je n’avais pas été emballé par ce hardcore instrumental technique mais là, mea culpa ! Grosse claque, l’effet live sans doute, ça envoie du pâté grave à coup de gros riffs (qu’est ce que je peux aimer le jeu de gratte de Damien…). Ça tourne, c’est clair, sans bavures, ça écrase et putain que ça fait du bien !

    A nous d’œuvrer, pour une fois on n’a pas besoin à faire dans la demie mesure, on peut envoyer les morceaux les plus lourds, et les plus saturés. Je peux hurler à gorge déployée sans me soucier du volume sonore. C’est cool, ça se passe super bien, le public nous donne l’impression d’adhérer et on arrive même à convaincre un cinquantenaire qui doutait de notre formule avant le concert (j’ai les oreilles qui trainent souvent).
    Ce même gars nous achètera les trois démos à la fin du set, petite victoire personnelle. Il me donnera même une analyse très philosophique du jeu de Ben, à savoir que par la répétition de ses breaks et de son jeu de caisse claire volontairement monotone (je cite) il exprime une certaine tristesse voire même de la mélancolie (surtout je pense dans « comment te dire je t’aime alors que tu es assis sur mon visage »). A surveiller de près, il ne faudrait pas tomber dans de l’émo !

    C’est fini, on monte manger un énorme saladier de frites maisons avec sa barquette de mayo, des rillettes, du pâté au foie gras, du saucisson et un peu de tome pour dessert. Nous sommes rejoints par les franco-britanniques Cherry But No Cake, qui sont en enregistrement sur Toulouse et qui profitent d’une de leur dernière soirée avant de repartir outre Manche. S’en suit une petite soirée bien sympathique et relativement calme dans l’appartement mis à notre disposition au-dessus du bar. Ça nous fait du bien, je l’ai déjà dit on est chez des amis. Mention spéciale à la copine de Damien qui me fait mourir de rire avec ses lapins qui ne supportent pas le saxo et à Enzo qui au sommet de la chaine alimentaire mange tout ce qui est plus faible que lui, à savoir un canari et un CP.

    Après des échanges de cds avec les Cherry, nous montons nous coucher (sur un matelas) après avoir demandé à Jean Louis s’il ne connaissait pas un itinéraire moins mouvementé pour retourner à Montblanc.

    Après une nuit réparatrice et une douche bienfaisante (petit problème de chasse d’eau dans les WC, on s’est débrouillé avec un saladier, enfin je passe les détails) nous descendons le matériel de l’appart où nous l’avions rangé la veille pour éviter que JL soit obligé de nous rouvrir le troquet (encore des escaliers) et nous traçons vers Pau puis direction Saragosse car il parait que tout est en autoroute voire double voie.

    Que nenni, en plus de nous rallonger considérablement le trajet, nous prenons des petites routes de montagne bien galère. Cela se conclut par six heures de route.

    Nous retrouvons Montblanc et le Lennon Bar pour la dernière date de notre mini tournée. Bien entendu il est trop tôt, le bar est fermé et bien entendu nous trouvons une place pratiquement en face du lieu.

    Nous en profitons pour jouer une dernière fois les touristes dans les petites rues calmes de cette coquette cité médiévale.

    Nous repassons au Lennon vers dix huit heures, le bar est allumé mais un grand brun passe la serpillère. Nous retournons au van finir notre championnat de Fifa.

    A la demie pendant que Ben comate un peu sous son bonnet, je me décide à entrer dans le bar et fais la connaissance du grand brun, à savoir Miquel de Soulblonding qui nous a cruellement manqué à Tarragona.
    C’est la dernière fois que nous nous coltinons le matos, on fait vite, comme d’hab’, mini check et on reprend nos tournées d’Estrella là où on les avait laissées deux soirs plus tôt.

    Miquel vient se renseigner sur notre soirée au Groove Bar, on lui explique que c’était cool mais qu’on avait galéré après. Il s’étonne sur le fait qu’on n’ait pas été payés. Sur ce il prend son téléphone, appelle le patron à mèche de Tarragona et vient nous annoncer qu’il va prendre à ses frais le cachet de l’avant-veille et que ce soir il nous payera les deux soirées. Ravis mais un peu gênés, nous nous mettons dans un coin sombre et entreprenons la lecture passionnante de magazines métal en catalan.

    Un peu avant de jouer, un dénommé Jon de la télévision locale vient nous demander (en français) si nous sommes d’accord d’être filmés ce soir pour une émissions qui présente les musiciens et artistes se produisant à Montblanc. En échange de nos cds nous négocions l’envoi à domicile du DVD.

    Le bar se remplit peu à peu, c’est à nous de jouer. Ce soir encore nous sommes seuls face à la populace ! Nous optons une fois de plus pour une liste essentiellement instrumentale et avec cinq morceaux chantés (je fais un effort pour ne pas trop hurler et tente de chanter presque juste). L’accueil qui nous est réservé est une fois de plus des plus chaleureux. Nous tenons aujourd’hui à faire une dédicace spéciale au petit vieux assis au fond du bar qui fait peur parce qu’il ne cligne pas des yeux (voir photos).

    Vingt deux heures trente, le bar se vide d’un coup alors que les gens rentrent manger chez eux. Nous répondons une fois de plus par la négative à la question fatidique : « êtes-vous végétariens ? ». Non !!! Carnivores !!!

    Miquel nous rejoint à table avec ce qui sera notre meilleur repas, comme quoi on finit en beauté ! Bien entendu à part les olives vertes on peut toujours espérer les légumes ! Rien que d’y repenser j’en ai l’eau à la bouche : plateau de charcuterie locale, fromage, pain brioché grillé à la tomate (avec peu d’huile), anchois marinés (sublimes rien à voir avec les petits trucs salés qui se désagrègent chez nous) et tortilla aux épinards et aux pignons. Le tout est servi avec un vin rouge local plutôt goûtu.

    Je demande un café pour la digestion, bien attaqué déjà par les multiples tournées de bières et de vin et ne v’là t’il pas qu’il a un goût bizarre. J’interroge notre hôte qui me répond qu’il le remplit toujours à moitié de cognac…. Bon, ça passe. Ça passe toujours en fait, le tout est de le garder ! Il tient ensuite à nous faire gouter une liqueur que font ses parents à base de roses. C’est sucré, ça a bien goût à fleur, avec un peu de chance ça nous apporte les vitamines qui nous manquent, non ? Ben n’apprécie pas des masses et tente de le mélanger avec sa bière. Ce geste lui sera fatal peu de temps après !

    Le bar se remplit, nous commençons à fatiguer et la copine de Miquel qui doit venir nous chercher semble avoir oublié le rendez vous. Pas grave pour moi ce sera une bière ! Foutu pour foutu.
    Arrive peu de temps après Sara, légèrement pompette dirons nous, qui semble avoir copieusement arrosé son repas entre copines ! Elle nous remet une tournée de liqueur, là dans mon souvenir le grand petit frère est décédé pendant que j’essaye de faire bonne figure.

    Elle nous amène à leur appartement à deux rues du bar, et nous explique en espanglais bourré que ce n’est pas la peine de prendre nos sacs de couchage, que ce soir nous avons des lits avec des draps et des couvertures. Le rêve ! Surtout que depuis la nuit à la belle étoile, ces derniers sentent un peu le ponec.
    Arrivé au troisième étage sans ascenseur, j’ai droit à une tournée de liqueur de miel qui m’achève littéralement et m’envoie me coucher dans le premier lit que je trouve. Du coup Ben aura droit au petit format alors que je m’étale dans mon lit double.

    La nuit est bonne, le réveil ne sonne pas et on se réveille à la bourre et pour moi, encore bourré. Ma tentative de lever se termine avec un pied dans le sac à dos posé au sol et la tête dans l’armoire. Je me recouche le temps que Ben se douche puis à mon tour me cale avec délectation sous le jet brulant !

    Nous partons sans les réveiller, en laissant un petit mot sur la table du salon et en piquant l’argenterie, le bar et la télé.

    C’est à ce moment là que nous réalisons que le soir de notre nuit d’errance, nous nous étions garés à cinquante mètres de l’appartement de Miquel, à cinquante mètres d’une chambre chauffée, à cinquante mètres d’un lit douillet et à cinquante mètres d’un accueil cinq étoiles ! Comme quoi quand ça veut pas…

    Nous reprenons la route direction Barcelone, puis la frontière avec passage obligé à la Jonquera pour acheter quelques cigarettes pour les miss restées à la maison. On en profite pour manger l’hamburger le plus infâme qu’il nous ait été donné de gouter : un steak degueux entre deux tranches de pain… Six euros dans ta gueule sans un sourire !!!

    Ça y est, on repasse en France, on range le matériel à la cave à Béziers (derniers escaliers) et retour sur Montpellier pour moi ! Après une nuit de douze heures (j’ai la chance de ne pas travailler le lundi) retour à la réalité…

    Merci à tous ceux que nous avons croisé, rencontré et qui nous ont formidablement accueillis.
  • Transpyrénéen december tour #1

    Current mood:rockin

    ........
    Nous partons mercredi par un beau début d’après midi, gonflés à bloc pour notre première incursion de l’autre coté des Pyrénées. Pendant le trajet se succèdent dans le poste deux albums de Minor Threat, Spinning Head, Iron Maiden et DubWar.

    Grâce au GPS nous trouvons de suite le Coast to Coast, juste à la sortie de la vieille ville et comble du comble une place pratiquement devant.
    Nous retrouvons par le plus grand hasard (en suivant les décorations de noël) le bar « Davant » ou nous devons rencontrer Albert l’organisateur de la soirée. Premières bières Estrella commandées en espagnol en terrasse, sous les alcôves médiévales, accompagnées de pipas et maïs grillés.

    Peu de temps après arrive Albert, petit bonhomme fatigué mais agité, booker à plein temps (ce qui doit expliquer les cernes). Il parle très bien anglais ce qui nous arrange fortement vu que d’une, nos connaissances en espagnol sont réduites et que deux, elles nous servent quasiment à rien dans une région où tout le monde parle catalan !
    Nous échangeons des contacts pour le futur, il nous demande si on peut s’occuper de groupe de son catalogue dans le sud de la France, enfin, ça parle pro quoi.

    Sur les coups de 19h nous rejoignons le Coast to Coast qui vient juste d’ouvrir. Nous découvrons un bar de bikers, avec des motos et scooters vintage accrochés dans tous les coins, au plafond, au dessus du comptoir. Tout ceci est tenu de main de maitre par Claudia, tenancière sympathique mais très cliché (cuissardes noires, mini jupe noire, chemisier noir d’où sort outrageusement une poitrine facile 100C et tignasse noire).

    Nous apprenons à ce moment là que la salle de concert se trouve au deuxième étage. Comme c’est le premier jour, cela n’affecte en rien notre motivation et nous entreprenons l’ascension de nos premiers escaliers. Pourquoi premiers ? A voir plus loin !

    Petit soundcheck rapide, nous rencontrons Mao de Espirit un one man band local qui se charge d’ouvrir pour nous (et d’attirer du public). Nous le laissons s’installer et descendons au rez de chaussée pour entamer notre deuxième tournée de la soirée.

    Albert nous préviens que le concert va commencer plus tard à cause de la concurrence déloyale d’un match du Barça ce même soir (victoire 2-1 dont un but de Thierry Henri, on s’en fout c’est vrai mais c’est juste pour dire qu’on l’a vu). Ça se sent d’ailleurs, le bar est complètement vide.
    Nous décidons donc de commencer le repas de suite plutôt que d’attendre la fin du concert.

    Nous commençons par une petite salade composée, Albert nous initie au pain catalan, c'est-à-dire grillé, frotté à la tomate, gorgé d’huile d’olive et exagérément salé. Nous nous abstenons conscients des ravages que cela pourrait causer à notre transit intestinal. Une fois la salade finie, Claudia nous propose un plat de patatas totalement recouvertes d’une mayonnaise au piment, Ben fait une tentative pour récupérer les moins ointes mais sans trop de succès. Inutile de dire que : ça cale, ça pique, ça donne très soif et ça fait mal au ventre. Repus nous nous avachissons dans notre chaise en attendant que ça passe. On nous présente malgré tout des calamars à l’huile, beaucoup d’huile… Mais ça a le mérite de passer tout seul et ça se mange sans faim, juste par gourmandise (ou masochisme ça dépend). Un ou deux « aarrghhh » plus tard, nous commandons un petit espresso histoire de faire non pas glisser mais tout rentrer dans nos estomacs distendus par ce dépucelage gastronomique. Voilà qu’au lieu de la boisson salvatrice, Claudia refait irruption de sa cuisine avec une magnifique assiette de spaghettis au pesto certes délicieux mais qui nous font brièvement décéder après deux bouchées de politesse. Ça commence à sentir très sérieusement l’abdication et la direction vers le lit le plus proche sans passer par la case concert.

    Le match terminé, en l’espace de moins de quinze minutes le bar s’est rempli d’une foule composée de deux extrêmes à savoir à ma droite une bande de hippies et dans le coin gauche du ring de fashion victims adeptes de cocktails.

    Nous entamons poussivement notre montée des escaliers pour assister au show de Mao. Sa recette consiste à lancer des boucles avec un multipiste à cassettes, puis de sampler dessus des loops de guitares et de claviers avant de terminer à la batterie en chantant ou en jouant de l’harmonica. Même s’il faut saluer la performance je ne retiendrais qu’un seul morceau country hyper dansant et très marrant qui à le mérite d’enflammer le public.

    Ça y est, c’est à nous de jouer, nous sommes tellement préoccupés par nos estomacs que nous en oublions de préparer une set list. Advienne que pourra, je fais confiance à Ben qui me souffle les morceaux les uns après les autres. Face à ce public à dominante baba cool, nous commençons à douter et craignant que nos morceaux les plus violents ne les fassent déserter le second étage, nous attaquons soft. Et là surprise ! Non seulement ils apprécient mais en plus notre bruit attise la curiosité des fashion victims de l’étage inférieur qui viennent jeter une oreille. La salle se remplit peu à peu et comble du comble pour moi, ardent défenseur du yaourt, un trio de hippies femelles entonnent avec moi le refrain de « Heroes » (pas compliqué en effet, mais ça fait plaizzz comme dit le grand).
    A noter l’apparition furtive d’un retardataire chevelu qui après avoir écouté un morceau, descend au bar, achète deux bières, remonte, nous les offre et s’en va !

    Malgré l’obligation de finir à minuit, nous avons le droit d’enchainer un, puis deux rappels à la demande la foule dreadlockée.

    Nous finissons ce premier concert fourbus mais ravis. Une bière plus tard, nous redescendons le matos de deux étages pour rentrer dormir chez Mao qui habite entre Tarragona (notre destination du lendemain) et Gironna. Suite à une maladresse de son pote, les clés de sa voiture se perdent au fond du caniveau, nous obligeant donc à passer au plan B, à savoir dormir dans le petit appartement d’Albert.

    Nous garons le van et nous nous retrouvons peu de temps après devant l’immeuble du petit bonhomme, ou plutôt au pied des escaliers… Il vit sous les toits, au sixième, sans ascenseur bien entendu… Excellent par ailleurs pour les mollets et les fessiers, mais là, bof….

    Arrivés au terme d’une montée harassante, Ben abdique et part se coucher (Small Al nous laisse son lit et dormira sur son mini canapé) pendant que nous continuons à parler dates, festivals (il va essayer de nous caler au San Féliu), et tournées. Une heure plus tard je pars retrouver mon frère endormi et me caler dans mon sac de couchage. Rideau……

    Dans la matinée, Ben, premier couché, premier levé, décide de partir à l’aventure pour nous ramener le petit déjeuner. Une fois parti, le farfadet maitre des lieux et moi-même nous nous levons et décidons d’aller prendre un café dans un petit bar du quartier. Bien entendu nous attendons que Ben remonte les six étages avant de lui annoncer que nous descendons de suite.

    Arrivés au « Cercle » pendant que Ben s’extasie sur ses croissants à l’huile, Albert tente de nous initier, après le pain, sans succès au café catalan. J’explique : vous prenez un café chaud, vous ajoutez beaucoup de sucre et vous transvasez le tout dans un verre rempli de glaçons. Inutile de préciser l’effet dévastateur que cela aurait sur mes intestins de bon matin…

    Après ce petit dèj’ salvateur nous laissons notre hôte à son journal et nous nous lançons dans la visite de la vieille ville, de la cathédrale (des escaliers), des tours de guet (des escaliers) et des remparts (des escaliers). Une fois notre tour touristique effectué nous remontons à l’appart (des esc….) récupérer nos affaires.

    Albert nous amène dans la ville nouvelle pour prendre notre repas de midi dans un bar à tapas très convivial. Nous optons pour le menu spécial cholestérol à savoir mayonnaise avec un peu de macédoine et de thon, brochette de chorizo suintant l’huile et bocadillo simple pour moi, double pour Ben avec steak, bacon, fromage et œuf.

    Peu de temps après ce repas équilibré nous quittons notre petit bonhomme à cernes et reprenons la route vers notre concert du soir.

    Direction Tarragona !!! Olé !!!

    Pour ce jour-là ça va, pas trop de route au programme, nous évitons Barcelone par la rocade du nord et toujours grâce à la voix suave du GPS, nous passons devant le Groove Bar dans une petite rue malheureusement à stationnement interdit. Pas de regret, il est tôt et le troquet est encore fermé.
    Nous trouvons une place dans une petite rue et nous partons à l’aventure dans cette ville inconnue.
    Nous tombons bien entendu sur des escaliers gigantesques. Les mollets fourbus nous choisissons de partir dans l’autre direction, vers le port, mais nous ne trouvons que des entrepôts de marchandises, rien de bien folichon. Foutu pour foutu, retour aux escaliers et après quelques minutes de souffrance nous atterrissons sur le Rambla Niù (je crois que ça s’écrit comme ça) en plein préparatif de marché de noël que nous arpentons de long en large pour arriver à une promenade surplombant les plages. Nous retiendrons surtout les enregistrements de cris de faucons diffusés à fond dans les platanes qui évitent l’invasion des étourneaux mais qui défoncent les tympans. Comme ça on se fera pas chier dessus, on sera tous sourds mais on se fera pas chier dessus !

    Nous entrons dans le Groove Bar, bar branché plutôt « arty » dont c’est l’anniversaire (les dix ans) le soir même. On commence à se dire que c’est une erreur, qu’on ne peut pas jouer là, entre deux karaokés et un DJ électro… D’autant plus que la communication avec le patron et le technicien son est difficile, leur anglais est aussi pitoyable que notre catalan ! Je pensais que Miquel, l’organisateur serait là pour nous chapeauter, mais non, il est resté chez lui à Montblanc (notre dernière date le surlendemain). On commence à se poser des questions, malgré tout les autochtones sont accueillants et nous servent sans retenue tournées sur tournées tout en s’affairant à la mise en place bancale d’œuvres d’un artiste local qui a dû trop rester à coté des enregistrements du rambla. Comme personne nous comprend, nous commentons à voix haute les peintures et photographies du local de l’étape.

    Le technicien nous demande alors de nous installer, et nous explique que nous commençons la soirée à 22h, qu’il y a un buffet ensuite et que dès que nous avons sommeil il faut que nous nous adressions au patron à mèche et pantalon à velours pour qu’il nous amène chez lui. Un peu rassurés nous allons chercher le van, nous nous perdons (le GPS nous fait tourner trois fois à gauche et nous repassons immanquablement devant notre ex-place de parking) et arrivons devant le bar à l’ancienne (Ah, le sens de l’orientation…… De Ben……Parce que s’il avait fallu faire confiance au mien….No comment).

    On décharge, on monte le matos rapido, on enchaine avec un petit soundcheck, à notre surprise, ils ne nous emmerdent pas avec le volume, néanmoins on décide de jouer soft et de privilégier les morceaux instrumentaux. Le teckos essaye de m’expliquer quelque chose ayant rapport à une diffusion à la radio locale de la soirée en direct mais je ne suis pas vraiment sûr. Je n’ai gardé que les mots que je préférais !

    On attaque le set, le bar est bondé, premier morceau, on attaque par « Q » qui grâce à son coté visuel de gratouillage de haut de manche fait son effet chez les profanes. Fin du morceau….. Une mouche vole…. Éternue….Puis quelques applaudissements timides. Pas grave, on a l’habitude des bides alors on enchaine deux-trois morceaux et enfin, l’ambiance se déride, nous sommes pris en photos, ça dodeline de la tête. Par contre ce soir-là pas de rappel, il faut enchainer vite fait bien fait avec le karaoké des habitués.

    Là la galère s’annonce : le bar est archi bondé de monde et nous devons faire des allers-retours jusqu’à l’extérieur dans l’indifférence générale. Au début on prend des gants, on est gentil, on est poli, mais au bout de 10 minutes, pas de pitié, on fonce a travers la masse humaine, on écrase de l’orteil, on fout des coups dans les côtes. Il faut noter qu’à chaque passage devant le buffet je me sers des petits fours aimablement proposés jusqu’au moment où je tombe sur une espèce de gélatine sur toast à gout d’olive qui reste coincée dans la joue gauche. Je me refuse de continuer à mâcher cette abomination ! Mon self control reprenant le dessus, j’arrive à déglutir et à avaler cette curiosité culinaire.
    Calmé pour la soirée, j’avertis Ben et nous décidons de manger au calme (c'est-à-dire assis à l’arrière du van) un bon sandwich jambon/mayonnaise maison et un paquet de chips.

    Rassasiés, nous rentrons à nouveau dans le bar, commandons une nouvelle tournée d’Estrella et profitons de l’ambiance festive du lieu. Arrive le concours de sosie/playback avec une interprétation très moyenne d’un boyband à la chorégraphie hasardeuse qui est totalement éclipsée par une prestation d’un quatuor féminin maquillé et costumé à l’identique à Kiss qui interprète un « I was made for loving you baby » d’anthologie et diablement sexy, tout y est (ou presque) : chorégraphie, basse en forme de hache, platform boots à paillettes, solo de batterie, guitare cassée à la fin du morceau. Je déplore juste le manque de tirage de langue à la Gene Simmons et l’absence de sang qui coule par la bouche, enfin bon…. Oui c’est le mot, c’était bon !
    Dans la foulée on a droit à un clone réussi de Freddy Mercury qui nous interprète « Crazy little thing called love » sous les acclamations de Ben, grand fan du défunt génie à moustache ! Suivra un duo sur une chanson d’amour mielleuse typiquement espagnole que bien entendu nous ne connaissons pas. Le gars qui fait l’amoureux éconduit est toutefois poilant.

    Bon commence à se sentir la fatigue comme disait l’autre, j’essaye d’approcher le patron du bar, à fond d’alcool et de coke. Sans succès malgré deux récidives, je sors annoncer à Ben que ça pue du cul. On décide de s’arracher et de chercher un hôtel cheap histoire de passer la nuit.
    On prend la direction de Tarbes notre destination du lendemain et let’s go, on the road again and fuck the hype !

    On roule, on roule, on roule, on traverse des bleds, des zones industrielles et pas l’ombre d’un hôtel… En plus la situation se détériore encore un peu plus quand on se rend compte qu’on n’a plus de gasoil et qu’il n’existe aucune station automate dans ce coin du pays !
    On arrive par hasard à Montblanc (qui je le répète sera notre dernière date), on trouve une station fermée mais qui ouvre à six heures du mat’. Un peu plus loin on avise un parking et on décide de passer la nuit dans le van sur ce parking, on s’en rendra compte dans la nuit, proche de la voie ferrée.
    On s’enroule tant bien que mal dans nos sacs de couchage sur nos sièges couchés et on essaye de s’endormir. Quelques heures de sommeils et cinq trains plus tard, je suis réveillé par le bruit d’un camion à ordures qui vient récupérer sur les coups de cinq heures et demie le container à verre à coté duquel nous nous sommes bien entendu garés. Terrorisé dans mon sac à viande, je vois la grue soulever le container plein au dessus du van pour l’amener à sa benne. S’en suit un vacarme effroyable qui n’a pas l’air de réveiller le grand dont seul le bout du bonnet émerge de sa couche.

    On arrive à se rendormir et on se réveille sur les coups de neuf heures, complètements fripés, fracassés et frigorifiés. Hop, petit brossage de dents et lavage de faciès au Perrier, une paire de Mars et un plein plus tard nous reprenons la route vers la frontière française en rêvant à un matelas, juste ça…. Un matelas….

    To be continued.....

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