Ca y est, c’est le grand
jour ! En attendant le Ben et nos camarades de tournée, à savoir les
Monsieur Brenson que nous accueillons histoire de se faire pardonner les
mauvais traitements infligés lors du tournage du clip, je check mes affaires
afin de survivre au grand froid qui nous attend. En effet, il est fin décembre,
la France tremble et frémit sous la neige et nous nous embarquons pour une
petite semaine bien tendue avec étapes à Marseille, Milan, Turin, Vevey (proche
de Montreux), La Chaux de Fonds et Annecy.
Doubles chaussettes : ok, chaussures de montagne : ok, caleçons molletonnés : ok et puis le kit de survie du zicos en tournée à savoir : coca, badoit, imodium et doliprane.
Ca sonne au portail, je sors et petite surprise en voyant apparaitre au milieu des Brenson (Bala, Loulou et Yala) hilares, mon batteur de frère pour l’occasion frisé comme un mouton afro, un espèce de mix entre Pam Grier version Blaxploitation et un Charles Ingalls au réveil un jour d’entrées maritimes (s’étant couché également les cheveux mouillés).
Remis de mon choc, j’apprécie de mon œil de connaisseur le sublime rangement optimisé de l’arrière du van. On peut faire un tonneau, rien ne devrait bouger. Allez, 16h, il est temps de partir vers notre première étape : l’Enthropy à Marseille où nous attend Ben d’Ed Mudshi, ancien compagnon de route et de beuverie (entre deux concerts).
Pas trop de route ni de galère, on trouve le bar associatif plutôt rapidement grâce à mon cadeau anticipé de noël (un GPS pour ceux qui ont du mal à suivre). Malgré une rue en sens interdit sur les cinquante derniers mètres (ceux qui nous intéressent), nous obligeant à contourner le pâté de maison par une avenue bondée, nous arrivons à bon port et nous déchargeons une première fois notre matériel tout en serrant une mimine à Dave, tenancier des lieux, avec qui je converse virtuellement depuis près d’un an. Le lieu est un bar associatif à la Marseillaise, c'est-à-dire plutôt petit, accueillant avec une super déco (pas du genre M6) un tantinet révolutionnaire. On s’installe rapidement, grâce à une organisation et une logistique implacables répétées encore et encore à l’entrainement : nous faisons matériel commun, à savoir que Ben et Yala jouent sur la même batterie (cymbales exceptées) et Bala et moi sur le même ampli alors que Loulou se la joue perso mais bon c’est un guitariste aussi, rien d’étonnant…
Petit check son rapide, on
commence les premières tournées et on attend Mr Mudshi, qui doit ce soir-là
nous restaurer et nous héberger. Fidèle à sa ponctualité phocéenne, il arrive
presque à l’heure pour nous annoncer qu’il y a un malentendu et que ce soir pas
de miam prévu pour nous (Dave pensait que Ben amenait la bouffe et
inversement). No problemo, on trouve un petit snack et on se fait péter le
ventre à coup de pain américain et de kebab de seconde fraicheur mais même pas
peur on est des rockeurs !
Petite visite rapide de la Yala’s sister qui passe nous inviter à dormir chez eux. Ceci rassure notre hypochondriaque et angoissé camarade batteur, l’idée de passer une dernière nuit dans des draps connus le rassure avant de se vautrer dans divers sleeping d’espaces autogérés (traduction : matelas aux taches douteuses dans squats relativement pas propres). D’un autre coté passer la nuit chez Ben Mudshi nous aurait obligé à faire, tout comme le matériel dans le van, du Tetris humain. Donc tout bénèf’, on profitera de l’invit’.
En attendant l’heure du premier
show, on discute entre nous, de choses distinguées et légères, de prostituées
et de passes à 8€, de comment sonner l’angelus dans le fondement dilaté d’un
vieux punk édenté suite à un gangbang (je suis sûr de pouvoir rentrer mes
couilles !). Mais qu’est ce que la bière est forte ici ! Ou c’est
moi ? Les tournées font un peu mal quand même.
Au passage on rencontre la jeune Alice, qui vient de monter une association de booking et avec qui on s’échange des plans et contacts depuis peu. On apprend par son biais que ce soir il y a du gros concert punk pas très loin et qu’il faut donc pas s’attendre à une affluence record d’autant plus que le groupe local sensé ramené du monde chez nous a jeté l’éponge pour cause de rhume des fesses de l’un d’eux. C’est pas bien grave, c’est le premier set, le tour de chauffe. Nous on n’a pas répété depuis un bail alors de l’intimiste ça ne nous fera pas de mal. D’un autre coté on a toujours fait dans l’intime, les grosses salles très peu pour nous, ça fait vendu, on préfère se vautrer dans notre hypocrisie underground de loosers sur le déclin.
Allez hey ho, let’s go, comme disaient nos ainés et ce sont les Brenson qui s’y collent. Set honorable, ça sent le rodage également, ça tourne, c’est carré (ou du moins parallélépipède), avec de l’effort et de la volonté. Le public apprécie et donne de la voix.
Changement de config en moins de cinq minutes et on attaque tranquillou, on n’a pas pris de risque, on joue du standard. Prestation honorable mais pas franchement mémorable.
On se prend une dernière paire de tournées, on bise Alice, Ben Mudshi et Dave et on rentre dans le GPS l’adresse de Sister. Petite route sans encombre, petit débriefing à coup de Jack Daniel’s (les Brenson sont des party freaks – à part un -) et on se cale Ben et moi sur le canapé, les deux siamois Bala/Yala dans la chambre d’amis et Loulou par terre, normal c’est le plus jeune. Il peut s’estimer heureux que nous l’ayons pas bizuté à la hardcore (mais comme le bizutage est interdit par la loi, on fait plus… Punk, oui mais respectueux du gouvernement).
Une courte mais réparatrice nuit plus tard, nous émergeons tranquillement (j’immortalise au passage la touffe fraternelle au réveil – je parle des cheveux -) et nous profitons tour à tour de la salle de bain propre, ne sachant pas encore ce qui nous attend. Yala dépouille la garde-robe de son beau-frère (qui a bien du mérite) afin de se créer une couche de polaires supplémentaire. Nous regagnons le van gentiment et c’est parti pour Milano ! Pas loin de six heures de route, il faut décoller maintenant.
En tant que jet setters nous nous octroyons un repas digne de ce nom dans un restaurant panoramique à Monaco, traduction : on mange un panini à la dinde sur la dernière aire d’autoroute et on a vue au loin sur le sérénissime rocher.
On passe la frontière, on change de conducteur, Ben commençant à fatiguer et la route se poursuit clopin-clopant. On traverse juste une petite tempête de neige en passant au nord de Turin mais rien de bien méchant, les saleuses transalpines sont de sortie et opérationnelles. Ca glissouille un peu lors des changements de file, je sens quelques ondes de stress derrière mais nous retrouvons rapidement une asphalte adhérante.
Ca y est, on arrive dans la
grande ville, on a du bol, pas trop de bouchons. On retrouve facilement
l’entrée du squat, la bien fameuse Villa Vegan Occupata, repaire d’activistes
anarchistes ! On sort du camion et là choc thermique ! Putain qu’est-ce
qu’il fait froid dans ce pays ! On rentre à l’intérieur et petite
déception, il y fait presque tout aussi froid ! La soirée va être longue…
Les retrouvailles avec Marta, la « maman » du squat sont sobres mais
chaleureuses. Je reste un petit moment dans la cuisine, où il fait chaud, à
discuter avec elle, testant si mes révisions en italien ont été profitables. Je
m’en sors pas trop mal mais je dois avouer qu’elle parle bien le français, ça
aide. Au milieu des nouvelles têtes nous reconnaissons nos deux anciennes
camarades de fête endiablée (on va rester politiquement correct vu que nous
sommes des garçons casés et respectables maintenant) les très jolies Francesca
et Andrea. J’apprends qu’Alex sera en retard, il est occupé à mettre en place
une manifestation pour les prochains jours et enchaine réunions sur réunions.
Néanmoins l’accueil est toujours aussi sympa et nous avons droit comme à notre première visite deux ans auparavant à un buffet royal (mais végétalien). Au menu, couscous sans viande, salade de légumes avec, on va dire, du tofu et des focacce maison. Je suis estomaqué par la quantité de nourriture qu’arrive à avaler un semi-hobbit dreadlocké que j’observe en douce tout au long du repas. Il en rentre plus dans son estomac que dans le coffre de mon Audi 80 Turbo D 1.9 litres 1998 contrôle technique presque OK ! Pas sûr que ce soit rentable financièrement d’être vegan, déjà que pour la santé j’ai des doutes en bon viandard franchouillard que je suis.
Pour un peu mettre de l’ambiance, on va visionner en groupe un documentaire d’une heure sur le traitement des immigrés en centres de rétention. Histoire d’enfoncer le clou, c’est en français et tiré d’un France 3 régional… On se fait petit, on boit un canon de rouge qui pique discrètement en espérant ne pas se faire prendre à partie car nous et la politique… Et vu qu’on fait du punk de droite (dixit notre ami Sid d’Hippycore), no comment !!!
Entretemps, le matériel a été monté sur la petite scène de la cave où les groupes se produisent. Nous avons fait connaissance avec le groupe italien qui ouvrira pour nous : les ETB qui pratiquent un post hardcore assez technique. Petite révérence au guitariste qui se promène sur son manche sans non plus verser dans la démonstration technique masturbatoire propre à certains groupes français surestimés du moment, enfin on s’comprend. Puis je suis jaloux.
Petit bémol à la fenêtre cassée qui va nous faire jouer ce soir par une température avoisinant les zéro degrés et aux murs repeints en noir alors que l’on avait laissé quelques belles phrases philosophiques lors de notre dernier passage. Les Brenson se remettent au taf, envoient le même set que la veille malgré le froid. Ces flemmards vont en fait jouer le même set tous les soirs de la tournée, on sent bien leur côté biterrois, la nonchalance des terrasses des Allées Paul Riquet, les ballades dans le centre-ville bourgeois (arf pour ceux qui connaissent)… Bonne prestation malgré tout, les p’tits gars prennent confiance, que du bon.
Alex, l’organisateur, se pointe enfin, un peu fatigué mais toujours souriant. Embrassades, prise de nouvelles et premières tournées de bières (des pintes à 8° sinon rien).
Nous on opte pour un set court et speed avec nos morceaux les plus rentre dedans (si si, on en a) afin de respecter l’ambiance du lieu. On se réchauffe tant bien que mal et comme nos p’tits gars on sent que ça va mieux par rapport à la veille. La vieille flamme hardcore se ravive !!!
Pas d’aftershow ce soir, il est dimanche, certains bossent, d’autres sont fatigués donc on se finit rapidement au Jack dans le salon de la communauté. Et direct au dodo, la grande interrogation de Yala - qui vous vous en doutez va être ma tête de turc adorée de ce report – qui nous implore depuis le début de soirée de dormir collé à lui, persuadé que cette froide nuit sera sa dernière, et ceci malgré la razzia chez son beau-frère. Il faut reconnaitre que prendre un duvet confort 15° alors qu’on part à Milan en décembre, ça sent fort fort le noob !!! Et je vous passe sa superbe décomposition faciale lors de la vue des sublimes toilettes à la turque sans loquet de la villa ! Quel bonheur que d’assister à la naissance d’un aventurier des temps modernes qui s’ignorait.
On nous cale dans un nouveau sleeping, celui du grenier étant en mode frigorifique, une dépendance de l’autre côté du jardin. Notre batteur des Corbières pousse un soupir de satisfaction en entrant dans ce local surchauffé. On se partage les matelas avec une paire de locataires et rideau.
Je suis réveillé au petit matin par Bala et sa lampe de poche qui vérifient de concert si mes pupilles sont réactives. Quelques insultes plus tard je m’extirpe de mon sac à viande et je fais une petite toilette rapide dans la salle de bain la plus underground d’Europe en prenant soin de bien vider le seau comme stipulé dans le dialecte local.
Petit caca nerveux de Loulou (pas trop du matin en fait) qui retourne tout le squat en râlant à la recherche d’un sweat à capuche qui se trouve en fait dans son sac. J’admire au passage le calme, la logique et la diplomatie de notre Mr muscles qui semble bien maitriser les relations humaines à l’intérieur de son trio.
Juste une petite interrogation : que font ces poules, coqs et dindes dans la cour de la villa sachant que les vegans ne mangent ni leur chair succulente ni leurs ovules non fécondés ? Le mystère reste entier. Si vous avez une idée…
P’tit dèj’ à la vegan, on se rabattra sur les restes de focacce plutôt que sur la soupe d’épinards gentiment (limite ironiquement) proposée. Le temps se suspend un court instant lors du passage d’Andrea, et de ses longues jambes, en petite tenue sous son peignoir. On se ressaisit, on range, on remercie (grazie mille, ciao, arrivederci) et on trace direction Turin notre prochaine étape. Il n’est pas trop tard et on compte arriver vite histoire de jouer un peu au touriste égaré.
Bon premier bilan, troisième jour, pas de pertes à déplorer, pas de maladie intestinale, les hypochondriaques se soignent à base de menthe poivrée et de baume du tigre, l’entente est excellente, le van tient le choc (1000€ de réparation avant de partir quand même, on n’est pas des noobs nous… Hum, hum).
Malgré la neige de la nuit, les routes sont dégagées et on trace vite pour sortir. On a de la chance vu qu’en sens inverse le bouchon doit avoisiner les 15 kilomètres à vue de Ben, myope mais pragmatique.
On arrive donc tôt à Turin, dans
un quartier un peu délabré et on trouve une place pile en face notre étape du
soir : le mythique United Club. Il est dans les 14h et ça ouvre que vers
18h. On part un peu au hasard, je me rends compte que je ne maitrise absolument
pas le mode piéton de mon GPS. On est enfin un peu dépaysé et on monte d’un pas
gaillard une avenue au hasard. Nous avons de la chance et nous arrivons
directement dans le centre-ville historique, Ben et moi succombons aux demandes
incessantes des enfants qui veulent à tout prix trouver un Mc Do avec du Wifi
gratuit, en bons geeks. On s’en dégotte un après une course d’orientation
difficile due au placement apparemment aléatoire des panneaux d’indication. Je
commande pour Ben et moi en italien dans le texte s’il vous plait et je laisse
les biterrois se débrouiller, il faut bien qu’ils apprennent la survie en
milieu hostile. Quoique là on commence soft quand même.
On se pose un moment dans un coin lounge et on décolle rapidement une fois que Bala aura entrepris, lui, de décoller le papier peint des WC du lieu en accouchant d’un prématuré. Yala sceptique devant le fumet émanant du lieu désormais maudit, décide d’attendre le soir avant de perdre les eaux et de mettre bas ses jumeaux.
C’est parti pour une visite touristique dans un centre très agréable où nous gambadons fièrement, où certains d’entre nous nouent même le contact avec des autochtones (Ben et Yala refusant de payer un journal pour sdf proposé par une baba cool bilingue. Ils s’en sont rendus compte quand elle a réagi à leurs vannes… Un poil tard quoi….).
A la nuit tombée nous redescendons vers le club et nous traversons ce qui ressemble à une dévastation par une tornade genre la grosse à la fin de Twister, sûrs et certains qu’une bataille furieuse contre les éléments a été perdue ce jour-là alors que nous loungions tranquillement à l’étage du restaurant américain. Il s’avère qu’il ne s’agissait en fait que des restes du marché du jour, mais cette vision apocalyptique est renforcée par le combat inégal que livre à ce moment-là un unique balayeur contre la montagne de déchets. Turin est une jolie ville mais pas partout et pas trop le soir après le marché donc !
Nous traversons ces monticules épars d’un pas leste et rejoignons enfin la salle, ouverte.
Accueillis ultra chaleureusement par Gian Marco, nous visitons cet immense lieu, ancienne usine réorganisée en deux salles, une grande à l’étage pour les gros concerts, une au rez de chaussée pour les petits joueurs comme nous et en seize locaux de répétition au prix monstrueux de 150€ par mois. Le musicos turinois doit être pété de thunes.
On attaque la première bière tout en regardant les nombreuses affiches des concerts passés puis nous partons décharger et installer le matos. On est légèrement repiqué par une sono ce soir-là, il faut bien rentabiliser le salaire de Paolo, ingé son au bonnet péruvien.
Le check fini, on erre un peu en attendant le repas. Sur ce arrive Dano, de Devil’s Booking qui a eu la gentillesse d’organiser un concert un lundi soir, fait rarissime à ce qu’il paraît. Bon contact, le gars est hyper chaleureux, la discussion est un peu plus fournie que les soirs précédents.
La table est montée dans la salle
de concert et on mange tous ensemble avec les gars et filles du lieu. Hyper convivial.
On attaque par une soupe au pois chiche et au haricot blanc, ce qui laisse envisager des dégâts collatéraux pour le lendemain suivi d’une expérimentation (d’après la cuisinière) assez réussie à base de hachis et de petits pois. De la viande ! Carnivore rules !!! Un invité, commercial en vin commence à déboucher quelques bouteilles et nous sert copieusement. On est poli, on accepte sans rechigner même si certains piquent un peu à notre gout français. Petit café bien bien serré pour faire passer et Gian Marco arrive avec sa bouteille perso d’amaro et nous sert une rasade de digestif sucré au départ puis amer. Ce soir on joue bourré mec ! Connaissant le gout des autochtones pour le low tempo, ce qui nous arrange vues les conditions éthyliques, nous optons pour un set doom à savoir lent et lourd (comme notre digestion quoi !).
Ce soir on change l’ordre de passage et on attaque devant un public clairsemé. Fabio des Loimann, un groupe qui vient en tournée en février a quand même fait le déplacement pour nous rencontrer. Pas grave pour le monde vu le carnage musical qu’on propose ce soir. Je suis complètement décalé, je me regarde jouer et donc subis totalement le morceau. Ca se ressent, pains sur pains, Ben déroule comme d’hab’ puis se laisse entrainer par mon coup de fatigue. On abrège rapidement, on remercie, on salut et place aux jeunes. On oublie.
Les Brenson, eux, montent en puissance. Ils attaquent devant une salle presque vide mais qui se remplit au fur et à mesure de leur set endiablé, les gens du fond viennent se mettre devant, ça applaudit, c’est cool. Sans aucune moquerie de ma part pour une fois, ce soir ils méritent grave, très bon set.
Allez, on vend quelques disques tout de même, on plie les gaules et on se rentre chez Dano avec qui je monte en voiture pour prendre un cours de conduite à la turinoise (en gros klaxon enfoncé de longue).
On se gare en plein centre juste devant la porte d’un immeuble rétro, on se charge de notre package nocturne réglementaire et, courageux, refusons l’ascenseur préférant prendre les escaliers. On arrive épuisés dans un appartement hallucinant où vit toute la famille de Dano. Largement plus de cent mètres carrés, des terrasses, un plafond à trois mètres, du haut standing quoi. Léger contraste avec la veille. Les lits sont prêts et on se glisse doucement dans nos sacs. Dano se lève tôt pour un entretien d’embauche et la soirée de la veille, la ballade d’après-midi et le repas du soir ne nous incitent pas à jouer les prolongations. Loulou a quand même le temps de faire ami-ami avec un lapin ébouriffé avec qui il va partager son oreiller.
On est réveillé plutôt tôt par le doux concert d’avertisseurs sonores turinois. Curieux, je rampe jusqu’à la fenêtre la plus proche et me rend compte que ces fous furieux klaxonnent même lorsque la circulation est fluide, que du bonheur la vie en ville !
Dano nous envoie un petit
déjeuner rapidement et nous abandonne une petite heure. Heure que nous
consacrerons à nos ablutions. Une prise de courant, du Wifi et voilà que nos
nerds se connectent et se coupent du monde réel. Ca poste du post, ça reporte
les reports, il y a du boulot à rattraper… Depuis la veille…. Pendant ce temps
j’assiste de la fenêtre à une scène digne de la Commedia dell’arte : la
barrière du parking, en face l’appart, ne monte plus, créant un gigantesque
bouchon à la fois à l’entrée du parking mais aussi dans la rue attenante. Les
gens klaxonnent (normal), s’excitent, crient, doivent probablement s’insulter
et ceci sans aucune réaction ou prise d’initiative du gardien, genre sortir de
sa guérite et venir constater le problème, voire même le résoudre. Je remarque
également que dans tout ce beau fatras, aucun conducteur ne sort non plus de sa
voiture pour se diriger vers cette même guérite. Tout ça vire au beau bordel
quand soudain : un éclair de génie, une prise de conscience, je ne sais
pas, un acte désespéré de la part du gardien qui sort enfin, le portable vissé
sur l’oreille et se dirige d’un pas résolu et volontaire vers ??? Les
toilettes, où il s’enferme à double tour. Il en émergera dix bonnes minutes
plus tard en gesticulant et en engueulant les pauvres citadins pris au piège.
C’est beau l’Italie (soupir)…
Départ de Turin, on embarque Dano
dans le van et direction à nouveau l'United Club histoire de se faire une
nouvelle partie de Tetris Hyundai. Derniers adieux déchirants à Gian Marco et à
notre fabuleux hôte turinois et nous revoilà sur l'asphalte italien direction
la patrie des horloges, du chocolat et du blanchiment d'argent ! Après quelques
comparaisons mappy/google map/GPS nous optons pour la solution la plus courte
mais également la plus dangereuse mais rien ne nous effraie plus ! Direction la
montagne et le tunnel du Gran San Bernardo. A partir de là pas de suspens, on
monte, on monte et on voie de plus en plus de matière froide blanche sur le
bord de la route. Juste avant de passer la frontière petite pose pipi/café sur
la dernière aire où Bala se fend d'une commande en italien à couper le souffle.
J'étais présent à ce moment-là et j'ai du mal à cacher mon admiration...
On prend ce fameux long tunnel, bien entendu on n'échappe pas à la légendaire
sagacité du garde-frontière helvétique et on reste bloqué sur le bord de la
route en attendant que ce gai-luron à l'humour pince sans rire daigne nous
rendre nos cartes d'identité. A partir de là on redescend et ça déroule tranx
jusqu'à Vevey, petite bourgade proche de Montreux et du Lac Léman. Mr GPS ne
nous lâche pas et on se retrouve devant le fameux Local, à priori "maison
d'artistes" mais d'après Loulou, plutôt squat de punks à chiens à l'accent
lancinant. Rencontre avec le tenancier du lieu, le bien dénommé Bob, qui nous accueille
royalement par quelques canettes premiers prix. Après une petite visite des
lieux et des extraordinaires (...) œuvres d'art de Juan, mélange de récup et de
ferraille de récup mais aussi avec des câbles de récup et même des fois du
plastique de récup, le tout assemblé dans un style très personnel qui nous
laisse penser que cet artiste n'est pas forcément récupérable lui... Par la
suite rencontre plus intéressante avec Fanny la jolie barmaid, légèrement à
fond, qui nous refourgue un vin de pays d'oc qui nous fait un peu grincer des
dents et contracter les maxillaires.
On entreprend une fois de plus le montage du matos, notre local de l'étape, l'héroïque
Bab Diglers a bien entendu, oublié quelques câbles et adaptateurs spécifiques à
ce beau pays, mais son sens inné de la débrouille nous permet tout de même
d'assurer notre set qui commence à se roder (il serait temps).
Allez it's showtime comme dirait Michael Youn et les Brenson attaquent à
nouveau leur set pachydermique avec un son énorme. Le public réagit direct et
les morceaux déroulent comme des pets après un plat trop épicé : rapides,
nerveux, imprévisibles et sentant les entrailles du rock ! Personnellement
c'est pour moi leur meilleur set de la tournée, l'ambiance festive y est sans
doute pour beaucoup également.
A nous d'envoyer, Ben nous a prévu une liste plutôt hardcore et on s'acharne à
enchainer les morceaux au plus vite. Je suis aidé dans ma tâche de vocaliste
par Pierrot, un des gars de l'asso locale qui, souvent, s'empare du micro et
improvise des lyrics aléatoires et approximatifs. Mais finalement ça ne dénature
pas trop le sens profond de mes textes engagés. Deux rappels plus tard on range
les gaules et on s'entreprend à l'after show soutenus par MC Bab qui a pris les
platines en mains. Ca sent la déchéance physique et on ne se trompe pas, le
premier et seul à littéralement sombrer sous les coups de butoir de la Lager
suisse n'est autre que le bateleur brensonnien... S'en suit une descente aux
enfers à la limite de la dignité (cf. photos à la demande). Obligés de dormir
sur le lieu même du concert et donc d'attendre le départ des nombreuses
torchures locales, Ben et Loulou capitulent et optent pour la solution
désespérée du repos dans le van. Avec Bala nous tenons bons, décidés à faire un
rempart de nos corps meurtris à notre précieux matériel ainsi que de protéger notre
Yala des pires outrages nocturnes. On gonfle les matelas sur la scène, on bouge
le cadavre des corbières et on met la viande dans le sac. Bala dans sa grande
générosité abrite un oisillon genevois égaré sous son sac de couchage. Avant de
s'endormir, ils se lancent dans une longue, longue, très longue discussion
socialophilosophique sur la condition humaine, ponctuée de fulgurantes
réparties ("moi je crains la nature - ouais", "nous sommes des bâtards,
à moitié prédateurs à moitié proies"," il faut faire des enfants et
les laisser se débrouiller seuls pour pas les pervertir, tu vois ce que je veux
dire ? Ouais, clair"), j'en passe des meilleures mais à ce moment-là de la
nuit mon côté prédateur commençait à sérieusement à envisager la trajectoire
parabolique d'un pied de cymbale sur la bouche de BHL genevois. On arrive
finalement à s'endormir en plusieurs épisodes, Yala me ronflait délicatement
dans le creux de l'oreille.
Réveil à dix heures plus frais que je le pensais, on commence à prendre le
rythme ! P'tit dèj à la cuisine avec l'argentin flippé et un éthiopien
débonnaire. On a droit à du croissant et ça c'est bon ! Alors que Loulou et
Yala partent à l'aventure et à la recherche de tabac et d'adaptateurs
universels nous nous coltinons le rangement à trois. En recherchant Bob je
tombe sur une paire de torchures affalées dans les coursives de la maison des
artistes qui me racontent la fin de soirée avec le pétage de plomb d'un gars
qui a entrainé la descente de trois voitures de police (que nous n'avons pas
entendu du tout) ainsi que le début d'incendie dans la cuisine. Bien entendu je
ne révellerai ces derniers points que plus tard dans la journée à mes
compagnons de route. On se remémore les crises d'angoisse de Yannick qui
plusieurs fois dans la nuit cherchait son gros copain (Sylvain ? Mmmm... T'es
là ? Mmmmmgrrrrr), on se fout de sa gueule encore on peut et après un petit
tour touristique dans Vevey aux abords du lac nous prenons la direction de la
Chaux de Fonds, fatigués, sales et barbouillés pour de nouvelles aventures
bruyantes.
Après ces premières folles aventures helvétiques, nous quittons ce haut lieu de
débauche artistique pour aller manger dans un ? Dans un ? Dans un Mc
Do bien entendu ! Mais trop de monde, impossible de sortir les notebook,
la frustration plane dans l’air, la révolte gronde autant que les estomacs,
pour un coup dur c’est un coup dur. Yala est à deux doigts de poser sa pêche
dans l’ascenseur ayant malheureusement confondu sa droite avec sa gauche. Mais
il a bien réagi en constatant qu’il était bizarre que les parois des gogues
soient vitrées. On a frisé l’incident diplomatique et la mise en quarantaine de
tout l’édifice.
On se balade un poil sur les berges du Lac Léman, mais le temps n’est pas au beau fixe, on décide donc de se rendre jusqu’à la Chaux de Fonds, deuxième et dernière halte en Suisse.
On arrive après un peu de route qui tourne, la neige est sur les bas-côtés donc pas de souci de conduite. On trouve l’Entre Deux, un bar/resto/bouquinerie/disquaire et on fait connaissance avec un des deux patrons, Alex qui nous accueille chaleureusement. L’ambiance nous rappelle à Ben et à moi, un autre lieu autrefois traversé, le Celtic Pub à Tarbes. En effet, l’impression est la même, un peu comme si on rentrait chez soi ou chez des amis proches. Un lieu où l’on est immédiatement à l’aise. L’Entre Deux devait être un ancien appartement, on rentre dans un couloir, le salon bouquinerie/disquaire est sur la gauche et le bar dans l’ancienne cuisine. Les menus sont écrits directement sur les carreaux et les meubles dépareillés confèrent un charme un poil désuet. Tiens voilà que je fais dans le sentimentalo-nostalgique ! Faut dire que l’on s’est senti tellement bien là-bas…
On boit un coup, on part faire un petit tour en centre-ville (pas énorme mais on arrive quand même à perdre les Brenson) et on rentre au chaud. Il faut reconnaitre que ça caille un peu fort ce soir.
Arrivés nous rencontrons le deuxième patron, Nico qui avec son pull rayé et son chapeau affiche un faux air de ressemblance avec Freddy Krueger, qui nous met sa tournée, première d’une longue série, et nous emmène un petit apéro à base de calamars à la sauce tomate. Yala s’est précipité sur les vinyls et en sort les larmes aux yeux avec selon lui une pépite d’or. On écoute, pas très convaincus, mais il faut avouer que ma culture musicale perso ne va pas plus loin que « the number of the beast » d’Iron Maiden. A part ça j’aime pas grand-chose.
Nico nous sert des délicieuses lasagnes au pesto qui sont englouties manu militari par les affamés que nous sommes. On pousse les tables de la cuisine, on s’installe, on ferme les volets et ce soir on attaque tôt, afin d’éviter tout problème de voisinage. Les Brenson reprennent leur première place et envoient un set (toujours le même) mais un chouia plus soft comme bercés par l’ambiance nonchalante du lieu. Lieu très petit donc beaucoup de gens regardent le concert depuis l’embrasure de la porte du couloir. Un italien survolté danse et se promène de temps à autre avec un chapeau afin que les spectateurs y versent leur obole. On avait un peu peur du volume sonore mais non ça passe, Alex et Nico ne sont vraiment pas chiants du tout ! Bon retour, encore un, pour le trio postapocalyptikrock. Les suisses ont aimé !
A notre tour. Par flemme plus que par fatigue je ne branche pas de micro, ce soir on décide de la jouer instrumental, ça nous permettra de faire des morceaux que l’on inclut rarement dans la set list.
On attaque, détendus, on plaisante facilement avec le public, le contact est simple et chaleureux, mais je me répète. Nouveaux passages de l’italien virevoltant avec son chapeau, on nous demande un rappel, puis un deuxième, alors on enchaine, le sourire aux lèvres.
Le concert se termine, on rouvre les volets, on remet les tables en place et on reprend les tournées de bières, Nico ne nous laissant jamais sans rien à boire !
En allant commander une nouvelle tournée au bar, Alex me remet le contenu du chapeau, ce qui représente une somme plutôt conséquente vu le nombre de personnes présentes ce soir. Y a-t-il eu du turn over ? Les gens sont-ils extrêmement généreux ici ? En tout cas, ce cachet nous a en partie sauvé la tournée ! Un grand merci !
Pour ce soir, on splitte ! Enfin dirons certains mais il s’agit des plus mesquins de la bande. Nous devons nous séparer en trois + deux pour pallier au manque de couchage. Sachant que les trois vont dormir chez deux superbes jeunes femmes, les Brenson nous sortent maintes et maintes théories pas spécialement convaincantes. Au final le choix se fait quand on apprend que les deux restants vont dormir chez Nico en faisant étape au centre africain pour boire du rhum. Peut-être plus en forme que nos jeunes puceaux, nous décidons de suivre à pieds le grand Nico et son chapeau dans les rues enneigées. Sur le chemin Ben jette l’éponge et nous décidons finalement (à regret pour moi) de sauter l’étape africaine pour rentrer à l’appartement de notre hôte. Comme quoi, à puceau, puceau et demi…
Nous arrivons dans un grand
appartement meublé très 70’s avec plein de vieux jeux vidéo dont un m’a fait
perler une larmette de souvenir… Le fabuleux Galaxy II !!!
On se boit quelques bières en
écoutant Nico nous narrer l’époque d’or des squats suisses et des espaces
autogérés en voie de disparition aujourd’hui. Le tout sur des vieux albums de
Patti Smith et de Lou Reed qui confèrent à l’ambiance une aura nostalgique.
Nico est un hôte plus qu’attentionné,
il nous chouchoute comme ses enfants, Ben a même eu droit à son petit plaid
suite à un frisson… Interdiction de dormir dans nos sacs de couchage il a tout
prévu pour nous, et ça fait du bien de dormir dans du propre !!! Après une
dernière discussion sur Costes et ses shows scatophiles, nous nous endormons
gentiment comme des bambins gâtés…
Petit dèj’ au fromage affiné histoire de faire local et on repart retrouver nos compadres à l’Entre Deux afin de remettre le stuff dans le B&B-Van (Bob Brenson, mais ça marche aussi avec Bite&Burnes, Bières&Bières, Bordel&Branlettes…).
On se fait plaisir en mangeant une dernière fois sur place avec un pot au feu concocté par Alex (il était pas un peu gay quand même lui ?) précédé par une petite soupe. Ca fait carrément du bien par où ça passe et ça nous change de nos Mc Gronald habituels réclamés par Loulou et Bala « on veut du wifi » Brenson.
Adieux déchirants pendant que Yala pose sa pêche et on repart direction Annecy tranquillou. Pas trop de bornes, circulation ok, on s’arrête à la frontière pour changer nos francs suisses en euros, Bala a droit à une papillote, pas moi, no comment, je boude.
On rentre dans la ville, on tourne un peu dans le quartier, on passe plusieurs devant le Bistro des Tilleuls sans trouver de places, ça commence à puer un peu du fion. Il pleut, le quartier est dépressif loin de tout, le moral est pas au top. On se parque (à la suisse) à côté d’un chantier et on a le temps de partir à la découverte de la vieille ville qui est vraiment sublime. Petit tour au marché de noël, on fait un tour près du lac, surveillés par une meute de corbeaux. On s’arrête dans un bar à djeun’s et on se la joue total hardcore avec 2 cafés longs, un expresso, un thé et un chocolat. Ouais mec, Bittewa Powa, on wigole pas ! On attend encore une fois Yala qui pose sa deuxième pêche quotidienne. Je suis assez content de lui car il a bien retenu nos moult conseils (quand c’est propre, vas-y n’attend pas).
On trace vers le troquet, on a du
cul c’est enfin ouvert. Dès qu’on rentre on est accueilli par Loaf de la
Underground Family. Comment retranscrire notre impression à ce moment-là ?
On était sacrément rassuré en tout cas, le gars est phénoménal dans le genre
métalleux quarantenaire avec une gouaille de première catégorie, je crois que
plus sympa au premier abord c’est difficilement atteignable. On rajoute une
couche de culture musicale énorme et qui me sied parfaitement (il aime Sabot et
Victims Family et pas Marvin). On est présenté au reste de l’équipe, composée
de sacrés briscards et on sent l’habitude de l’orga, ne serait-ce que par les
barrières qui réservent la meilleure place de stationnement pour le groupe.
Accueil sympa de Georges le patron du troquet et première tournée de bières. A ce moment-là Loaf nous annonce la couleur : ce soir on mange de la fondue savoyarde ! Regards gourmands échangés entre Loulou et moi (on en parlait deux jours avant) pendant que Ben décède un petit peu (allergie au fromage). Que cela ne tienne, Loaf lui file son portefeuille en lui ordonnant d’aller se faire plaisir à la grande surface du coin. Sympa et plutôt risqué non ?
C’est parti, on monte le matos une dernière fois pour ce tour et on part backstage se défoncer le ventre à coup de Beaufort premier choix et de vin rouge « cuvée de l’anarchiste ». Orgie de bouffe, de rigolade, on est rejoint par d’autres gars de l’asso, tous plus sympas les uns que les autres. La digestion s’annonce difficile. On parle rugby, de l’exode des joueurs biterrois vers Montpellier (détail qui a son importance plus tard), de tournées, des festochs, etc…
Allez il se fait tard les Brenson partent au feu avec un gout d’ail dans la bouche et l’œil aussi vif que celui d’un maquereau sur l’étal d’un pêcheur sétois un midi le quinze aout. Ils envoient un set honorable (toujours le même ordre dans la set list les gars… Merde, un peu de fantaisie), le public commence à rentrer, ça participe, ça applaudit, ça encourage, que du bon. Bala se défonce l’index et frise l’hémorragie, heureusement que Loulou a son tube de super glu ! On le sauve in extrémis, ouf ! Quoiqu’on aurait eu plus de place dans le van mais on se serait fait défoncer par Nadège au retour…
Allez, à nous, on attaque, pas trop de pains, bon délire, ça marche aussi bien pour nous. Défraiement au chapeau, et encore une fois une extrême générosité de ces gens ! Yala disait plus haut que certains feraient bien d’en prendre de la graine, mais à ce point ça va être difficile. Ce public, ce soir-là aime ce qu’on fait et nous gratifie d’un super cachet. Enorme big up à ces beaux gens !
Sur une idée à la con, à la fin de notre set (après un petit rappel), j’annonce à suivre les Mr Brenson ! Là-dessus, le patron (raide torché) se saisit d’un micro et les vanne grave, comme quoi ce sont des petites natures, des lâcheurs tout comme les rugbymen cités plus haut ! Il fait sauver l’honneur les gars, et c’est reparti pour un set encore plus chaud ! Ca pogote, ça fait les cons, c’est le dernier soir on profite merde !!! Une éclate totale, ces gars sont devenus des stars ! Fini le smack à 8€ de la pute du coin (private joke, on vous racontera), les Brenson peuvent maintenant prétendre à l’escort girl et au smack à 23€ ! Un bond social, in your face ! Plus haut, il y a que le soleil !!! Et c’est nos copains !
On finit la soirée au bar, sûrs et certains d’avoir été au bon endroit ce soir-là. Et on part avec Seb le sonorisateur pour un trip d’une demie heure direction la montagne vers le sleeping. Ça tourne, ça s’arrête jamais, on est crevé et demain on se lève tôt pour rentrer à la casa. Une paire de bières, de kinder maxi et dodo. Yala me ronfle voluptueusement dans l’oreille (bizarre, il a sauté sa troisième pêche du jour, ses intestins doivent être colmatés par le fromage) et on tombe dans le coma.
Réveil à 10h et là, argh comme dit le phoque sur la banquise avant de s’en prendre une bonne sur l’occiput, il a neigé toute la nuit… On commence à flipper, on court en rond dans l’appart, la goutte au nez et au zgueg, il y a des évanouissements, des vomissements, c’est pas beau à voir.
On quitte notre hôte sur ses bons conseils de conduite. On pousse le van pour le sortir, Bala est à deux doigts de partir en ventral, dernière photo et on embarque. Premier virage ça passe, cool, deuxième, aussi, double cool, par contre troisième, petite glissade et on se fait un petit 90° dans la rue. Pas de bobos il n’y a personne dans le bled (pas cons les gars, eux ils sortent pas). On serre les fesses et on continue bon, Ben « le colonel » assure au volant, on roule à 10km/h mais ça passe. On arrive sur l’autoroute, rassurés, l’ambiance se détend malgré la légère odeur de merde qui flotte dans l’habitacle. On peut à nouveau tracer.
Sur un malentendu GPS/humain, on sort de l’autoroute à Chambéry pour gagner du temps et on se retrouve à nouveau sur une route de plus en plus enneigée… Lors de la descente d’un col pas si haut que ça, nouvelle plaque de neige, nouvelle glissade et là on part en sucette grave ! 180°, deux roues dans le ruisseau, le matos se casse un peu la gueule, rafale de pétous venant de l’arrière (personne ne s’est jamais dénoncé) mais bon toujours pas de bobo. On se gare, on se calme, un gars nous double et percute la voiture de devant… Ambiance pesante. Mais bon faut rouler… Et là, malgré le stress, extraordinaire leçon de conduite du colonel, qui ponctuant chaque virage de divers « putain, putain, putain », « on va se refoutre dedans », « putain, putain, putain », « là, on glisse », « putain, putain, putain », « merde, on part dans le fossé », « putain, putain, putain », « c’était moins deux » finit par nous ramener sur la route ferme au nez et à la barbe de quelques locaux qui étaient bien partis pour plus galérer que nous (spécial big up dans la catégorie « ça sert à rien mais j’y crois » au monsieur qui laisse sa femme conduire alors que lui s’accroche à la portière à l’extérieur pour freiner avec ses pieds. Belle leçon de barefoot mais pour l’efficacité de la manœuvre je dois encore me renseigner).
Ca y est autoroute, pose sandwich triangle, plein du van et on arrive à bon port assez tôt pour ne pas pouvoir éviter les repas familiaux !
Au final, une bonne tournée en comparaison de celles qu’on a déjà fait. On aurait aimé galérer un peu plus histoire de faire un peu la bite aux Brenson mais bon, ça l’a fait !!!
Enorme merci à tous ceux qui nous ont accueillis, à ceux qui nous ont trouvés les dates, à ceux qui se sont déplacés malgré le froid pour venir voir jouer deux groupes inconnus, à mes compagnons de route ! Vous êtes tous beaux !
Gromuff
On m’a légèrement obligé à pondre ce dernier report, tout ça malgré la fatigue accumulée suivie par les repas familiaux surcaloriques mais rienafoutr’ je m’y colle avec plaisir en espérant boucler en beauté ce XMas Tour chargé de bons souvenirs, de franches rigolades, d’accueils chaleureux, de bornes interminables et de prestations mémorables (ou déplorables ça dépend du point de vue).

groggy
rockin
Et aprés qué qui ce passe ??? me tarde la suite...
J'laice un ptit caumentéres plain deux phote dortograf puor dirre queux jéme ces carnais de routte avec ces ptit détaille scato
a plute...
Mais pourquoi toujours partir en tournée à la montagne quand c'est l'hiver et qu'il neige??
Encore plein d'anecdotes savoureuses: le babacool bilingue, le mec qui freine avec les pieds, les jambes d'une italienne qui arretent le temps... sympa tout ça! ;-)