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Akhan Shukar's Blog

  • interview d'Akhan et Shukar pour en savoir plus


    /Qui joue dans le groupe ?/
    Julien : Camille au violon, Cécile à l'accordéon, Eugène au tuba, Julien à la guitare électrique et Rémi à la batterie. Mais tu peux m'appeler Jorg.

    /Le groupe s'est formé quand ?/
    Cécile : C'est dès le début 2008 que Akhan Shukar à son complet a vu le jour.
    Julien : On a mis environ un an pour constituer le groupe, et on s'est retrouvé à cinq début 2008, quand Eugène nous a rejoints. Avant ça on avait branché Rémi pour la force de frappe, puis Camille parce qu'on cherchait un autre instrument mélodique.

    /Qui en est à l'origine ?/
    Cécile : Nous étions deux en 2007, accordéon et guitare.
    Vers la fin de l'année, trois avec la batterie, en vue d'être quatre très vite avec le violon. Puis les basses apportées par le tuba ont comblé un manque qui se faisait sentir.
    Julien : En fait c'est Cécile qui a lancé l'affaire en venant me trouver pour me proposer de faire de la musique ensemble. Comme on arrêtait pas de se fâcher on a cherché des gens pour faire tampon.
    Cécile : Menteur !

    /Pourquoi il/elle voulait monter un tel projet ?/
    Cécile : Chacun des mélodistes de cette formation étudie et pratique depuis quelque temps déjà des musiques traditionnelles populaires d'Europe de l'Est : de la musique klezmer (la plus abordable) à celles plus particulières à chacun des pays qui composent les Balkans et bordent la Méditerranée.
    L'intérêt étant de se faire plaisir en jouant de tels morceaux, avec nos propres arrangements et nos instruments.
    Julien : Au départ il s'agissait surtout de faire de la musique ensemble, de jouer le répertoire des musiques de l'Est plus précisément, mais je ne voulais pas d'un son traditionnel. Enfin surtout pas d'un son "acoustique et festif", si on peut dire ça comme ça, je frisais l'overdose de swing manouche. Non, en fait ça me saoulait carrément.
    A l'époque j'aimais beaucoup écouter des disques de musique bâtarde, comme du rock psychédélique birman ou turc, ou du jazz rock bulgare. L'idée de jouer des airs orientaux me plaisait mais je voulais tout autant un son électrique, voire "classic rock", d'où l'idée d'embarquer Rémi, l'ami batteur, dans l'aventure.
    Quand le groupe s'est étoffé à cinq, l'idée de faire des concerts s'est concrétisée, et je dirais maintenant que le but est vraiment de faire de la scène en proposant quelque chose d'original aux gens.

    /Le résultat est-il dans l'idée que vous vous faisiez de ce que devait être le groupe ?/
    Cécile : L'envie d'un mélange des sons et des genres est notre motivation depuis l'origine. La batterie et la guitare électrique étant là pour faire ressortir un côté rock. Aussi ce ne sont pas les instruments qui font le style de musique et le fait de pouvoir tirer vers une saturation quelle qu'elle soit avec des instruments qui à la base sont acoustiques nous plaît beaucoup.
    Julien : En tout cas j'étais loin d'imaginer qu'on jouerait avec un tuba. Dans le résultat il y a aussi la part du hasard des rencontres qu'on ne pouvait pas prévoir.
    En plus en deux ans on évolue forcément dans ses goûts et ses envies. Si au départ on creusait plutôt le répertoire d'Europe de l'Est, bulgare ou roumain, maintenant on commence à tirer vers le Proche-Orient.
    Et côté moderne, on tend à s'orienter vers l'usage d'effets électroniques autant que vers le rock des seventies, c'est la synthèse des goûts de chacun qui semble vouloir ça.
    Donc au départ j'imaginais quelque chose dans le style du wedding band d'Ivo Papasov ou d'Edip Akbayram et Dostlar, mais au final on fait du Akhan Shukar.

    /D'où vient votre intérêt pour les musiques dîtes "de l'Est" ?/
    Cécile : Ce sont des musiques qui pour certains d'entre nous, nous passionnent par leur complexité, les sentiments qu'elles traduisent, et l'ambiance qu'elles offrent.
    Julien : Et ça peut remonter à loin, quand la musique de Bregovic pour les films de Kusturica et le Taraf de Haïdouks ont contribué à populariser ce répertoire. Il y a un côté poignant, souvent une tension dans la musique qui peut te prendre aux tripes, ça donne envie de recréer cet effet en la réinterprétant.
    Après, c'est aussi lié aux instruments : quand tu joues de l'accordéon, tu ne peux pas je pense ignorer cet univers très riche. Et quand tu joues de la guitare et que tu entends du cymbalum ça t'ouvre aussi des perspectives.
    L'étiquette "musique de l'Est" (merci pour la perche) est pratique mais réductrice : bien qu'on trouve de nombreux points communs entre les différentes régions, il y a des différences très marquées entre le rebetiko, la musique bulgare ou macédonienne et c'est très intéressant de découvrir tout ça, il y a de quoi remplir une vie de mélomane.
    Sans parler de la différence entre la musique vraiment traditionnelle et les formes contemporaines urbaines et amplifiées. Personnellement je parlerais plutôt de "musiques orientales" parce que je trouve dommage de s'arrêter à l'Europe.
    Je m'arrête là parce que si je commence à parler du Liban et d'Omar Khorshid il va falloir me balancer un seau d'eau froide pour m'arrêter.

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